Puissance de la parole
Colloque

De plus en plus d’artistes utilisent l’entretien filmé pour témoigner d’événements historiques tragiques ou enquêter sur des sujets ou des notions ayant de fortes implications politiques et culturelles. Stratégique, le recours à l’entretien et au recueil de témoignages vise à impliquer la participation d’acteurs les plus divers à l’œuvre en cours. L’artiste s’institue en médiateur d’une mémoire et bâtisseur d’un discours en devenant tout à la fois historien, journaliste, sociologue et documentariste.
De l’agora démocratique au mémorial qui renouvelle complètement la forme monumentale, le colloque s’arrêtera sur les usages artistiques de la parole en tant que témoignage, mais également sur leurs multiplications et sur ces moments singuliers où la voix devient image — ou l’image elle-même, une autre voix. L’utilisation de l’entretien s’inscrit par ailleurs dans la tradition de la sociologie. Un exemple en est La Misère du monde (1993) de Pierre Bourdieu, dont Bruno Karsenti proposera une lecture critique.
Le va-et-vient entre les méthodes de l’art d’aujourd’hui et celles de la sociologie permettra ainsi d’interroger de telles stratégies artistiques.


Colloque organisé sous la direction de Jean-Christophe Royoux, historien de l’art et critique d’art, avec Esther Shalev-Gerz, Amar Kanwar, Salem Mekuria et Nalini Malani, artistes, et Bruno Karsenti, sociologue et directeur d’études à l’EHESS.

À l'auditorium, le mercredi 26 mai à 17 h 30, avec en ouverture la projection de Puissance de la parole de Jean-Luc Godard (1988, 25’).
Puissance de la parole