L'Art et l'argent. La rupture moderniste. 1860-1920
Rencontre-librairie avec Jean-Joseph Goux

C'est à l'occasion de la parution de son livre L'Art et l'argent. La rupture moderniste. 1860-1920 (éditions Blusson), que la librairie du Jeu de Paume a organisé une rencontre avec Jean-Joseph Goux, philosophe, professeur à l'université de Rice (Houston, USA).

Entre philosophie, économie, psychanalyse et esthétique, le travail de Jean-Joseph Goux trace le champ d'une "économie symbolique". Ses principaux ouvrages sont : Les Monnayeurs du langage (Galilée, 1984), Frivolité de la valeur, essai sur l'imaginaire du capitalisme (Blusson, 2000), Accrochages, conflits du visuel (Ed. Des Femmes, 2007), Renversements (Ed. Des Femmes, 2009).

L'Art et l'argent. La rupture moderniste. 1860-1920

Entre 1860 (date de la rupture moderniste en peinture : Manet, les Impressionnistes, Cézanne, etc.) et 1920 (dans le sillage des prises de position de Tzara — Manifestes Dada — ou les engagements de Cocteau en direction des valeurs de l'avant-garde), tout bascule. Les rapports entre l'art et l'argent deviennent de plus en plus "étroits" et problématiques.

Naguère sous-estimées, les cotes des peintres vont atteindre des sommets exorbitants. Le modèle boursier de la valeur des œuvres se substitue au vieux modèle marchand où la hiérarchie des peintres était fixée par la fidélité aux normes académiques.

L'Œuvre (1886) d'Émile Zola est le fidèle écho de cette mutation. Cette rupture est contemporaine de l'émergence d'une nouvelle économie et d'une culture où le capitalisme, la banque, la finance et la consommation jouent un rôle décisif.

Jean-Joseph Goux retrace la naissance et le développement de ce nouvel univers — esthétique, économique et philosophique — où nous sommes toujours engagés.