Rosa Barba. Vu de la porte du fond

UN VOCABULAIRE FICTIONNEL

Un lexique sert à définir des termes obscurs. Or ceux retenus ici sont parfaitement limpides et banals. Alors que font-ils dans cette liste ? S'ils ont été choisis, c'est qu'ils permettent de réfléchir au travail de Rosa Barba et d'éclairer sa pratique. Dans ce contexte, chacun d'eux acquiert une signification nouvelle qui n'a rien à voir avec celle d'un dictionnaire ordinaire. On est donc en présence d'un langage fictionnel, quelque peu anarchique, spéculatif et subjectif.

Celluloïd — Cette matière contenant le cinéma — qui en est le support — devient un élément physique et sculptural.

Dialogue/monologue — Tout au long de l'exposition, la dualité dialogue/monologue est explorée de façons diverses : projecteurs qui conversent entre eux ou restent seuls ; deux boules qui se confondent avant de se séparer à nouveau ; des textes qui dialoguent avec des pièces sonores ; des sons qui dialoguent avec la lumière. Avec toujours, le souci de réunir plusieurs voix en une seule, d'offrir la possibilité de réfléchir ensemble sur un même sujet.

Expérience — Barba se demande ce qu'il adviendrait du cinéma si l'on en disséquait les constituants. Les scientifiques dissèquent pour comprendre comment chaque constituant fonctionne séparément des autres. Barba cherche à savoir jusqu'où on peut aller dans le cadre d'un médium donné. Quelles sont ses limites ? S'il n'y a que de la lumière, s'il ne reste que le texte, est-ce encore du cinéma.

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Extraits du texte de Filipa Oliveira,
commissaire de l'exposition.



> Éditions du jeu de Paume, Paris.
Textes de Tim Johnson et Filipa Oliveira.
Prix de vente : 12 euros.

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