Eszter Salamon

« Ce qui m’est arrivé depuis ? En fait, rien d’extraordinaire ne m’est arrivé depuis deux ans, hélas ! Sauf que Maman est morte. Avant ça ? En mars, c’était Pessah. Pessah est l’une des fêtes les plus importantes chez les juifs, avant laquelle il faut faire un ménage monstre. Et la fille de cuisine est tombée malade. Il y avait l’ancienne cuisinière, Ida, une névrosée, de mon âge, et Márta, l’autre fille de cuisine, mais elle avait fait une chute et elle était en arrêt maladie à cause de ses vertèbres. Dans une famille juive, il faut retourner toutes les poches de tous les vêtements, il faut feuilleter toutes les pages de tous les livres. Les familles juives très riches ont un buffet de cuisine exprès pour Pessah. Aussi, elles ne font pas ce chambardement. Mais, chez nous, il faut rendre casher le moindre ustensile, toute la vaisselle. Il faut les descendre au cellier, les couvrir pour que rien ne les touche, puis les remonter une fois que la cuisine est récurée. » (…)

Extrait du texte du catalogue qui rassemble des propos d’Eszter Salamon (homonyme de l'artiste, née à Pécs, Hongrie, en 1949), recueillis par Eszter Salamon lors d’un entretien réalisé en avril 2014. Cet entretien s’inscrit dans la continuité d’autres conversations menées entre 2006 et 2012, à partir desquelles l’artiste a conçu l’exposition « Eszter Salamon 1949 » au Jeu de Paume.


Éditions du Jeu de Paume.
Bilingue français-anglais
15 x 21 cm, broché, 14 euros.


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