Khvay Samnang. L'Homme-caoutchouc

Qu’est-ce qui a donc incité l’artiste à dérober leur sève aux « arbres qui pleurent », par centaines et à de si nombreuses reprises ? Qu’est-ce qui l’a conduit à se déverser leurs larmes blanches et fraîches sur le corps avant d’arpenter les rangs ordonnés de ces cultures forestières intensives ?

En 1884, l’Indochine française privatise les terres de la monarchie khmère, entraînant progressivement une transformation d’ordre physique, conceptuel et spirituel de la nature cambodgienne en terres exploitables. Des graines d’hévéa sont importées du Brésil et la première concession foncière cambodgienne est accordée en 1922 pour une plantation de caoutchouc qui demeurera la plus vaste au monde jusqu’en 1975. D’autres plantations sont créées par la suite, principalement dans les hautes terres du Cambodge, régions couvertes de forêts anciennes où vivent divers groupes ethniques, aux langues, à la culture et à l’histoire radicalement différentes de celles du peuple khmer. […]

Erin Gleeson, extrait du texte du catalogue



Textes d’Erin Gleeson et de Vandy Rattana.
Jeu de Paume / CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux.
Français / khmer / anglais, 15 x 21 cm, 64 pages, 14 euros

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