Joana Hadjithomas et Khalil Joreige

Joana Hadjithomas et Khalil Joreige construisent leur œuvre sur la production de savoirs, la réécriture de l’histoire, la construction d’imaginaires, mais aussi des modalités de la narration contemporaine en prenant appui sur l’expérience de leur propre pays tout en dépassant ses frontières. Le processus d’enquête auquel ils ont recours, leur questionnement sur le territoire, autant géographique qu’individuel, confèrent à leur œuvre une esthétique particulière. Ces questions imprègnent très fortement leur travail cinématographique.

C’est pourquoi en écho à l’exposition « Se souvenir de la lumière », le Jeu de Paume avec la complicité de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige a choisi de présenter une sélection de longs-métrages à l’auditorium, donnant ainsi au spectateur l’occasion de découvrir ou redécouvrir leur travail de cinéastes en compagnie d’invités tels qu’Etel Adnan et Antoine Thirion.



A Perfect Day (2005, 88', VOSTF)
Présentation par les artistes.

24 heures de la vie de Malek dans le Beyrouth d'aujourd'hui.

Le jeune homme qui vit avec sa mère, Claudia, est victime du syndrome de l'apnée du sommeil, et s'endort sitôt qu'il ne bouge pas. En ce jour, Malek a réussi à convaincre Claudia de se rendre chez un avocat pour déclarer officiellement la mort du père, disparu 16 ans plus tôt. Le jeune homme va alors tenter de retrouver un rythme plus synchrone avec les autres, la ville et surtout Zeina, la femme qu'il aime mais qui ne veut plus le voir. Il se fond dans Beyrouth, ses rues, ses bars, à la recherche de Zeina, dans l'espoir qu'elle lui offre une seconde chance.

Et si aujourd’hui était «  le jour parfait » pour échapper à ses fantômes et retrouver ceux qu'on a perdus ?




Ismyrne (2016, 50’, VF)
Projection suivie d’un dialogue des artistes avec Omar Berrada, écrivain et traducteur et Etel Adnan, artiste et poète.

Joana Hadjithomas et Etel Adnan se sont rencontrées il y a quinze ans. Elles sont vite devenues de proches amies, partageant une ville : Izmir, anciennement Smyrne, en Turquie.

Ayant vécu dans une Smyrne imaginaire, sans y avoir jamais mis le pied, Etel et Joana sont désormais confrontées à la transmission de la grande histoire, questionnant leur attachement aux objets, aux lieux, aux constructions imaginaires et aux mythologies, aux imaginaires sans images. Leurs expériences personnelles, le récit de leurs existences forment comme la toile de fond de changements survenus après la chute de l’Empire ottoman, questionnant les frontières, des concepts d’identité et d’appartenance.

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