Marie Losier. Confettis atomiques !
Rétrospective et carte blanche
du 05 novembre
au 23 novembre 2019
Jeu de Paume, Paris



En une vingtaine de courts-métrages et deux longs-métrages, la cinéaste indépendante franco-américaine Marie Losier a fait jaillir l’underground des sous-sols pour l’amener sur les toits New Yorkais, les plages du Portugal et les rings de Mexico. En 16 millimètres, en couleurs et en musique, son œuvre chatoyante est une fontaine de jouvence à la fois drôle et poignante.

Batailles de spaghettis ou de gâteau à la crème, séances de déguisement psychés, trucages de fortune, ce qui commence comme un prétexte pour filmer ses amis et rendre hommage à ses cinéastes culte (Méliès en tête), mute rapidement en véritables courts-métrages drôles, profonds et touchants. Toujours filmés en 16mm, avec une caméra Bolex qui se remonte toutes les 30 secondes, ces petits films autoproduits, deviennent d’incontournables rendez-vous qui, sans que cela soit forcément verbalisé, scellent l’amitié d’une faune disparate d’artistes et de marginaux New Yorkais que les transformations économiques et structurelles de la ville tendaient à éloigner.

Bien vite, Marie Losier, autoproclamée cinéaste du dimanche, s’affirme comme une portraitiste hors pair, centrant son œuvre, particulièrement sensible, sur ces « survivants », génies hors normes et hors circuits, musiciens, cinéastes, plasticiens, irrésistibles, colorés et insolents, dont les élucubrations, les improvisations et les allures à tiroirs la ravissent. Chaque week-end, c’est le metteur en scène avant-gardiste Richard Foreman avec qui elle avait collaboré comme décoratrice, ou le cinéaste canadien Guy Maddin qui passe devant sa caméra, les frères Kuchar, cinéastes jumeaux de l’underground des années 1950, le musicien minimaliste Tony Conrad, Alan Vega du groupe Suicide, la chanteuse April March, la cinéaste Jackie Raynal et de très nombreux autres. Ce qui se joue là, sous les bonnets de bain à fleurs et les maquillages ultra pop n’est rien moins que la survie d’un idéal, d’une croyance commune en une forme de légèreté et d’amour invincible. C’est aussi, quand la vie s’acharne, que les sous manquent et la reconnaissance aussi parfois, dire à celui ou celle qu’on filme, je te filme donc tu es, tu es magnifique, tu es mon idole, mon étoile dans le ciel. C’est se donner ça.


Programmateurs : Antoine Barraud et Marie Losier

En coproduction avec le Festival d'Automne à Paris.

Partenaire média : Les Inrockuptibles

Renseignements : infoauditorium@jeudepaume.org
Accès dans la limite des places disponibles
3 euros / gratuit sur présentation du billet du jour d’accès aux expositions