Films présentés
De la guerre aux frontières 1 / No pasarán !




> España 1936 de Jean-Paul Le Chanois et Luis Buñuel
Espagne, 1937, 35 mm, nb, 34’

Montage de documents et de photos de provenances diverses, España 1936 veut "présenter objectivement les deux côtés" : il fait l’impasse sur toute orientation révolutionnaire pour combattre la "non-intervention" des démocraties dans la guerre civile et l’interventionnisme des dictatures allemande et italienne. Portrait d’une république courageuse, "au travail", qui résiste (bataille de Madrid et visite de la Pasionaria Dolorès Ibárruri à Paris) et accueille les Brigades internationales.


> Terre d’Espagne de Joris Ivens
États-Unis, 1937, 35 mm, nb, 55’, vo stf
Commentaire d’Ernest Hemingway

L’agonie de la guerre civile espagnole. Ce film a été tourné en mars et en mai 1937, à l’initiative d’un groupe d’intellectuels américains pour soutenir la République espagnole. Soldats et paysans sont associés dans un combat contre l’oppression et une nature hostile. Les images de guerre alternent avec celles des moyens dérisoires dont disposent les hommes de l’arrière pour faire vivre la population. "Terre d’Espagne affirme l’importance de l’idéologie, sans nier celle du regard, réconcilie Vertov et Flaherty, assigne déjà à la parole et aux sons leur qualité de “vécu”, en renforcement ou en contrepoint d’une image qui garde la primauté. Leçon plus que jamais d’actualité." (Louis Marcorelles, Le Monde, 1977)


> L’Espagne vivra d’Henri Cartier-Bresson
Espagne-France, 1939, 35 mm, nb, 45’

Alors que les républicains étaient de plus en plus menacés en Espagne, le secours populaire demanda à Henri Cartier-Bresson de réaliser un nouveau film dans ce pays. Il en avait déjà tourné un en 1937, Victoire de la vie, à la demande de la Centrale sanitaire internationale.
Trois axes structurent L’Espagne vivra : la présence militaire étrangère venue aider la rébellion franquiste, une dénonciation de la politique de non-intervention menée par les gouvernements français et anglais, la valorisation du travail militant des membres du secours populaire, en faveur de l’Espagne républicaine.
Ce film a été restauré par le ministère de la Culture et les Archives françaises du film (Centre national de la cinématographie).


> Espoir, sierra de Teruel d’André Malraux
France, 1939, 35 mm, nb, 80’
D’après le roman d’André Malraux

En 1937, lors de la guerre civile espagnole à Teruel, le combat des républicains aux faibles moyens face à l’armée fasciste du général Franco. Tourné avec une équipe réduite mêlant des acteurs catalans à la figuration locale, le film est une chronique de guerre. Le village de Teruel est le théâtre de dramatiques affrontements qui opposent républicains et franquistes. Une Brigade internationale tente d’apporter son appui avec quelques avions tandis que les paysans viennent en aide pour bombarder le camp ennemi…


> Viva la muerte de Fernando Arrabal
France-Tunisie, 1971, 35 mm, couleur, 90’

Scénario de Claudine Lagrive et Fernando Arrabal d’après son livre, Baal Babylone, "Viva la muerte !" était un cri de ralliement franquiste pendant la guerre d’Espagne. Sous le régime franquiste, Fando, un garçon d’une dizaine d’années, cherche à comprendre pourquoi son père a disparu. Il ne tarde pas à découvrir que c’est sa mère, pieuse catholique, qui a dénoncé son mari antifasciste. Perturbé par ces révélations, Fando enquête pour savoir ce qu’est devenu son père. Dans un pays cadenassé par la censure et les interdits religieux, Fando, partagé entre haine et amour pour sa mère et l’espoir de retrouver son père vivant, enfante autant de délires sexuels que morbides…


> La guerre est finie d’Alain Resnais
France, 1966, 35 mm, nb, 121’

1965. Diego, militant du parti communiste espagnol, vit en exil à Paris. Régulièrement, il passe la frontière sous des identités d’emprunt, assurant ainsi la liaison entre les militants exilés et ceux restés en Espagne. De retour d’une mission difficile, Diego se prend à douter du sens de son action et des moyens mis en œuvre. Sa confrontation avec les jeunes militants de gauche, qui deviendront les acteurs de Mai 68, est prémonitoire de l’évolution des formes de lutte…


> No Pasarán, album souvenir d’Henri-François Imbert
France, 2003, 35 mm, couleur, 70’

Lorsqu’il était enfant, le cinéaste trouva chez ses grands-parents une série incomplète de cartes postales photographiées dans le village de sa famille. Ces six cartes montrent les événements qui eurent lieu dans ce village, proche de la frontière espagnole, lorsque les républicains arrivèrent en France, fuyant devant les franquistes, à la fin de la guerre d’Espagne en 1939. Vingt ans plus tard, Henri-François Imbert se lance à la recherche des vingt-trois cartes postales réputées introuvables qui manquent à la série.


> Mourir à Madrid de Frédéric Rossif
France, 1963, 35 mm, nb, 82’

Février 1936 : la victoire du Front populaire dans la toute jeune république d’Espagne, proclamée depuis moins de cinq ans, provoque des inquiétudes chez les riches propriétaires terriens, soutenus par les militaires et l’église. Profitant de l’assassinat du député monarchiste José Calvo Sotelo, en juillet 1936, les militaires se soulèvent et déclenchent une sanglante guerre civile qui va durer trois ans et faire plus d’un million de morts.