Programmation Omar Amiralay
Images du Moyen-Orient





Un de mes choix a été mon engagement, depuis mes débuts dans le cinéma, dans le film documentaire.
Un genre que j'ai transformé en une approche des gens, une interprétation du réel,
et une conviction intime que le cinéma peut traiter directement avec la vie,
avec ses histoires et ses héros de tous les jours de manière beaucoup plus riche et plus intensive
que ce qu'un simple passant comme moi serait capable d'imaginer ou de créer à partir de rien.
Même si dans tous mes films, je tiens toujours à établir un dialogue subjectif et complice
avec la vie, avec les gens ; pour susciter des questions, pour faire naître le doute,
pour garder une trace de l'histoire de personnes, d'événements, de bouleversements
qui ont peut-être été effacés des mémoires, ou que le temps a rejetés.

Un autre aspect de mon travail cinématographique qui traduit l'une de mes angoisses majeures,
c'est la recherche de la vérité, une vérité dont l'un des piliers, à mon avis, est le doute.
Une forme de suspicion que je considère comme une vertu, et non comme un péché
selon la formule attribuée au Coran, "Tenir en suspicion est presque un péché",
comme le veulent ceux qui s'en remettent aux vérités révélées et aux livres saints.
Car toute vérité, à mon sens, est douteuse, ambiguë, relative, tant que la conscience humaine
et l'Histoire ne l'ont pas soumise à une interrogation, à la loi du questionnement.
C'est peut-être cela qui explique cette oscillation dans mes films entre le documentaire et la fiction,
que j'attribue à une tendance enracinée en moi à me frotter au doute, à chatouiller l'ambiguïté.

En deux mots, mon cinéma pourrait être résumé à cela : chatouiller la vie…
L'ironie, chez moi, est un moyen de noyer le désespoir en s'obstinant, en le prenant de haut,
en se prétendant au-dessus des blessures, en démentant ce sentiment d'impuissance,
en refusant de se laisser aller à la douleur, en se rebellant contre elle.
En d'autres termes, l'ironie est l'expression d'un dépit personnel devant l'absurdité de la vie,
devant son injustice, et devant le rôle joué par l'homme,
qui ne cesse de la rendre plus absurde et plus injuste encore.

Omar Amiralay


Rétrospective en collaboration avec Photoquai et le Festival d'Automne




mardi 16 octobre, 18 h
Il y a tant de choses encore à raconter, 1997, 50'

mardi 16 octobre, 19 h
Rencontre avec les cinéastes Omar Amiralay et Mohamad Soueid,
suivie de la projection du film Le Malheur des uns…, 1982, 52'


mercredi 17 octobre, 17 h
La Vie quotidienne dans un village syrien, 1974, 85'
Les Poules, 1977, 40'


jeudi 18 octobre, 16 h
Par un jour de violence ordinaire, mon ami Michel Seurat…, 1996, 50'

jeudi 18 octobre, 17 h
Le Sarcophage de l'amour, 1985, 50'


vendredi 19 octobre, 14 h 30
Le Plat de sardines, 1997, 17'
Ombres et Lumières, 1994, 35'
Film-essai sur le barrage de l'Euphrate, 1970, 12'
Déluge au pays du Baas, 2003, 46'
À l'attention de Mme le Premier ministre Bénazir Bhutto, 1989-1994, 62'


dimanche 21 octobre, 15 h 30
Un parfum de paradis, 1982, 42'

dimanche 21 octobre, 17 h
L'Ennemi intime, 1986, 54'
L'Homme aux semelles d'or, 2000, 55'