Carte blanche à Shinji Aoyama




Je vous préviens que les cinq films que je vais vous présenter ne sont pas très connus, ni au Japon ni dans le monde du cinéma international. Certains même sont quasi inconnus. En dépit de cela, j’ai une prédilection pour ces œuvres et leurs réalisateurs. Sans eux, mes films n’existeraient pas – même si l’on trouve aussi dans cette liste un film que j’ai vu tout récemment, Sexe et furie de Norifumi Suzuki.
Si je n’avais pas été influencé par la série "Torakku Yarô" de Norifumi Suzuki dans mon enfance, je n’aurais pas conçu Eurêka, qui a pour nœud central un parcours en bus. Tous ces films avec des véhicules ont pour origine la diligence des westerns, et ces auteurs ont un rapport avec le cinéma américain. Yamanaka, par exemple, est à peu près de la génération d’Akira Kurosawa et il est plus proche de King Vidor que d’Ozu, Mizoguchi et bien entendu Kurosawa. J’aimerais être comme Yamanaka. Personnellement, je me sens plus proche de James Gray que des autres cinéastes japonais. […]
Mais ces points communs artistiques ne doivent pas masquer le fait que ces films sont tous des divertissements. Le spectacle, le lyrisme et l’étrangeté de l’homme : voici les trois éléments que doit réunir pour moi tout film de divertissement, sans quoi il n’en est pas un.

Shinji Aoyama
(traduction : Mayumi Matsuo et David Matarasso)



Journal érotique d’une infirmière de Chûsei Sone
Watashi no Sex-hakusho: Zecchôdo, 1976, Japon, 35 mm, coul., 71’, vo stf (projection en DVD)
Une infirmière vivant avec son petit frère reçoit un jour des photos pornographiques mettant en scène sa voisine, une stripteaseuse. Provoquant subitement chez elle un désir caché, elle accepte quelques jours plus tard, sur la suggestion de l’amant de cette voisine, de se prostituer.
> dimanche 23 novembre, 15 h

Kôchiyama Sôshun de Sadao Yamanaka
1936, Japon, 35 mm, n&b, 82’, vo stf
Dans un quartier des bas-fonds d’Edo, Kôchiyama Sôshun tient une auberge où les jeux d’argent sont monnaie courante. Afin de racheter les fautes de son frère cadet Hirokô, Onami, une jeune femme tenant un stand de saké, est obligée de se vendre. Kôchiyama Sôshun et un samouraï errant, Kaneko Ichinojô, décident alors de protéger les deux jeunes gens au prix de leur propre vie.
> dimanche 7 décembre, 17 h (séance présentée par Charles Tesson, critique et historien du cinéma)

La Rivière du retour de Tatsumi Kumashiro
Modori-gawa, 1983, Japon, 35 mm, coul., 137’, vo st anglais
Un poète, dont la femme est malade et qui a l’habitude de fréquenter des prostituées, tombe amoureux de l’épouse de son ancien maître. Arrêté par la police pour adultère, il tentera à plusieurs reprises, à sa libération, de commettre un double suicide, chaque fois avec des femmes différentes, ce qui finira par le rendre célèbre.
> jeudi 4 décembre, 18 h 30 (séance présentée par Fabrice Arduini, responsable du cinéma à la Maison de la Culture du Japon à Paris)

L’Enfer de Nobuo Nakagawa
Jigoku, 1960, Japon, 35 mm, coul., 100’, vo st anglais
Shîro, un étudiant, a pour ami Tamura, un être diabolique. Lors d’une virée en voiture, ils renversent un homme en état d’ébriété et le laissent pour mort. Pris de remords, Shîro veut retourner sur les lieux, accompagné de Yukiko, sa fiancée. Mais leur voiture heurte un poteau au bord de la route : Yukiko meurt sur le coup. Désespéré, Shîro fuit Tokyo et retourne chez lui. Mais Tamura réapparaît devant lui : il est temps pour eux d’expier leur faute…
> dimanche 14 décembre, 17 h

Sexe et furie de Norifumi Suzuki
Furyô anego den: Inoshika Ochô, 1973, Japon, 35 mm, coul., 88’, vo stf
Tokyo, ère Meiji : Ochô assiste au meurtre de son père, un détective enquêtant sur un scandale financier, assassiné par trois hommes masqués. Il meurt en lui montrant trois cartes Hanufa désignant ses meurtriers. Vingt ans plus tard, Ochô, devenue pickpocket et joueuse professionnelle, infiltre le milieu yakuza pour se venger.
> samedi 6 décembre, 17 h (séance présentée par Dimitri Ianni, critique spécialiste du cinéma asiatique pour le magazine électronique Sancho Does Asia)