Explorer le modernisme et après…



VOLET I : DE L'ESPACE PICTURAL À L'ESPACE RÉEL

SÉANCE 1 : ÉCHANGES PARIS/NEX YORK
Brassaï, Jean Dubuffet, Willem De Kooning, Jackson Pollock, Edward Steichen, Wols…
Avec l'expressionnisme abstrait aux États-Unis, la surface peinte devient le sujet de la peinture. Simultanément à cet essor de la peinture moderniste, l'Europe voit naître d'autres abstractions parallèlement à une figuration renouvelée. De part et d'autre de l'Atlantique, un nouveau type de documents photographiques contribue à modifier la notion de "reportage".

SÉANCE 2 : FORMALISME ET ABSTRACTION
Martin Barré, Ellsworth Kelly, Barnett Newman, Ad Reinhardt, Mark Rothko, Robert Ryman, Frank Stella…
À la fin des années 1950, les artistes du "colorfield" et de la peinture formaliste se concentrent sur les possibilités de la couleur et les données matérielles de l'œuvre. Cette réflexion mène à une réévaluation radicale de la conception de la surface picturale, du tableau et de ses limites, dans son articulation avec l'espace d'exposition.

SÉANCE 3 : ESPACE ET LITTÉRALITÉ
Carl Andre, BMPT, Dan Flavin, Donald Judd, Robert Morris, Sol LeWitt…
Radicalisant les propositions formalistes et dépassant les catégories du modernisme, l'art minimal aborde un nouveau type d'œuvres : tridimensionnelles, anti-illusionnistes, neutres, dont toute trace de geste est absente. Elles s'inscrivent dans l'espace réel, pour se donner comme présence concrète et affirmer la place centrale du spectateur. La prééminence de la conception de l'œuvre sur sa matérialisation conduit à un art plus conceptuel.

SÉANCE 4 : ART ET SOCIÉTÉ DE CONSOMMATION
Raymond Hains, Martial Raysse, Jasper Johns, Claes Oldenburg, Robert Rauschenberg, Andy Warhol…
Face aux développements abstraits, des artistes réintroduisent la figuration au sein de leur démarche en s'appuyant sur les héritages des avant-gardes. L'utilisation d'objets usuels et les pratiques élargies du collage et de la reproduction trouvent de nouveaux enjeux. Le nouveau réalisme ou le pop art développent une critique du monde de l'art et de la société de consommation.


VOLET II : ÉLARGISSEMENT DES PRATIQUES ARTISTIQUES

SÉANCE 1 : L'ART COMME ACTION
John Cage, Joseph Beuys, Allan Kaprow, Yves Klein, Nam June Paik, Michelangelo Pistoletto, Kazuo Shiraga…
En écho à l'interdisciplinarité initiée par les avant-gardes du début du XXe siècle, des artistes européens, japonais et américains réévaluent les rôles respectifs de l'artiste, de l'œuvre et du spectateur pour affirmer la réconciliation de l'art et de la vie. Le corps de l'artiste intervient dans l'espace pictural puis dans l'environnement, et la performance instaure de nouvelles pratiques éphémères et iconoclastes.

SÉANCE 2 : CORPS OUTIL ET CORPS SUJET
Vito Acconci, Chris Burden, Valie Export, Michel Journiac, Otto Mühl, Bruce Nauman, Gina Pane…
Excédant les prolongements des happenings, le corps de l'artiste devient le vecteur de modes d'expression singuliers. Ces démarches artistiques, que l'on peut rattacher à la notion d'"art corporel", interrogent les limites tant de l'histoire de la représentation du sujet que du langage gestuel. Elles comptent aussi parmi les pratiques qui intègrent la photographie et la vidéo dans l'art.

SÉANCE 3 : PROCESSUS SITE ET ENVIRONNEMENT
Richard Long, Eva Hesse, Gordon Matta-Clark, Giuseppe Penone, Richard Serra, Robert Smithson…
Cherchant à dépasser à la fois la perception littérale de l'œuvre et le rôle du marché, certains artistes privilégient le processus de réalisation, son évolution dans le temps et la relation au contexte. Ils expérimentent selon d'autres modalités la diversité des gestes et des matériaux. L'œuvre devient indissociable de la notion de site, qu'il soit naturel ou urbain.

SÉANCE 4 : ART ET LANGAGE
Art & Language, Marcel Broodthaers, Robert Filliou, Dan Graham, Joseph Kosuth, Lawrence Weiner…
L'importance des textes théoriques conduit les artistes à inclure dans leur travail leur propre commentaire et à abolir la distinction entre artiste et critique. Le langage retrouve une place essentielle comme source (linguistique, sémiotique) et comme matériau de l'œuvre, support d'une critique radicale des institutions artistiques et des valeurs qui les sous-tendent.