Rétrospective Robert Frank : synopsis
des films présentés

>Pull My Daisy de Robert Frank et Alfred Leslie
États-Unis, 1959, 16 mm, nb, 28 ’, vo stf
scénario inspiré du troisième acte de la pièce The Beat Generation de Jack Kerouac
texte : Allen Ginsberg et Jack Kerouac
musique : David Amram
avec Mooney Peebles (Richard Bellamy), Allen Ginsberg, Peter Orlovsky, Gregory Corso, Larry Rivers, Delphine Seyrig, David Amram, Alice Neel, Sally Gross, Denise Parker, Pablo Frank

Pull My Daisy réunit les écrivains et peintres de la Beat Generation, et marque les débuts de la carrière cinématographique de Delphine Seyrig. Un évêque (Richard Bellamy) et sa mère (Alice Neel) vont voir Milo, un cheminot (Larry Rivers). Dans l’appartement traînent ses amis poètes qui interrogent l’évêque sur le sens de la vie et sur les relations entre profane et sacré.


>The Sin of Jesus
États-Unis, 1961, 35 mm, nb, 37’, vo
scénario inspiré de l’œuvre d’Isaac Babel
musique : Morton Feldman
avec Julie Bovasso, John Coe, Roberts Blossom, St. George Brian, Telly Savalas, Mary Frank, Jonas Mekas

Le deuxième film de Robert Frank est aussi l’un de ses plus stylisés. Inspirée d’une histoire d’Isaac Babel, cette parabole austère et bergmanienne montre Jésus refusant sa pitié à une jeune femme: à la place, il lui donne un ange gardien qu’elle séduit.


>OK End Here
États-Unis, 1963, 35 mm, nb, 32’, vo
avec Martino La Salle, Sue Ungaro, Sudie Bond, Anita Ellis, Joseph Bird

Un dimanche dans la vie d’un couple new-yorkais aisé, le vide d’une journée sans occupation. Le style narratif et l’esthétique de OK End Here situent le film dans la lignée de la Nouvelle Vague et d’Antonioni.


>Me and My Brother
États-Unis, 1965-1968, 35 mm, couleur et nb, 91’
, vo stf
scénario : Robert Frank et Sam Shepard
poèmes : Allen Ginsberg et Peter Orlovsky
avec Julius Orlovsky, Joseph Chaikin, John Coe, Allen Ginsberg, Peter Orlovsky, Virginia Kiser, Nancy Fisher, Cynthia McAdams, Roscoe Lee Browne, Christopher Walken, Seth Allen, Maria Tucci, Jack Greenbaum, Otis Young, Lou Waldon

Premier long métrage de fiction de Robert Frank, Me and My Brother passe constamment de situations réelles à des situations fictives, du noir et blanc à la couleur, du monde intérieur au monde extérieur de Julius, le frère catatonique de Peter Orlovsky. Le film célèbre le retour des valeurs poétiques de l’assemblage et du collage filmique.


>Conversations in Vermont
États-Unis, 1969, 16 mm, nb, 27’, vo stf
avec Robert Frank, Pablo Frank, Andrea Frank

Conversations in Vermont, considéré comme le premier film ouvertement autobiographique de Robert Frank, met en scène ses enfants, filmés dans leur collège du Vermont. "C’est un film sur le passé, qui remonte dix-neuf ans en arrière, quand Mary et moi nous nous sommes mariés. [...] Comme je le disais, ce film est sur le passé et le présent. Le présent refait surface dans ce que j’avais tourné là où ils vont maintenant en classe. Cela signifie qu’ils ont quitté New York et qu’ils vivent maintenant dans un autre endroit. [...] Peut-être que le film est sur le fait de vieillir [...] une sorte d’album de famille. Je ne sais pas... C’est sur..." Robert Frank.


>About Me: a Musical
États-Unis, 1971, 16 mm, nb, 30’, vo
avec Lynn Reyner, Jaime deCarlo Lotts, Robert Schlee, Sheila Pavlo, Bill Hart, Vera Cochran, Sid Kaplan, June Leaf, Allen Ginsberg, Danny Lyon, Peter Orlovsky

Robert Frank avait projeté de faire un film sur la musique en Amérique; il a finalement préféré faire un film sur lui-même. Une interrogation sur l’expression artistique et sur la mémoire comme kaléidoscope.


>Keep Busy de Robert Frank et Rudy Wurlitzer
Canada, 1975, 16 mm, nb, 38’, vo stf
avec June Leaf, Joan Jonas, Richard Serra, JoAnne Akalaitis, Joe Dan MacPherson

"Il est important de ne pas négliger l’extérieur au profit de l’intérieur." Un petit groupe de gens vivent sur une île isolée près de Cap Breton, au Canada. Leur seul lien avec l’extérieur est la radio que possède le gardien du phare. Robert Frank reprend les éléments ludiques et parodiques de Pull My Daisy, mais ne donne aucune clé permettant de comprendre s’il met en scène une étrange vie idyllique ou un scénario post-apocalyptique.


>Life Dances On…
États-Unis, 1980, 16 mm, nb et couleur, 30’, vo stf
avec Pablo Frank, Sandy Strawbridge, Marty Greenbaum, Billy, Finley Fryer, June Leaf

Consacré à sa fille Andrea et à son ami et collaborateur Danny Seymour, tous deux décédés, Life Dances On… est le travail le plus personnel et le plus chargé d’émotion de Robert Frank. Le style fragmentaire, métaphorique et associatif fait de ce film un autoportrait plutôt qu’une autobiographie.


>Energy and How to Get It
États-Unis, 1981, 16 mm, nb, 28’, vo
avec Robert Golka, Agnes Moon, Rudy Wurlitzer, William S. Burroughs, John Giorno, Robert Downey, Lynne Adams, Alan Moyle

Energy and How to Get it associe des thèmes documentaires et fictionnels. L’idée de départ était de faire un documentaire sur l’existence tragique de Robert Golka, un ingénieur qui, dans un hangar abandonné, cherchait à utiliser la foudre comme source d’énergie. Frank qui avait fait des portraits de Golka dans les années 1970, Gary Hill et le scénariste Wurlitzer abandonnèrent l’histoire réelle de Golka et réalisèrent un faux documentaire sur un homme face à l’adversité.


>This Song for Jack
États-Unis, 1983, 16 mm, nb, 30’, vo stf
avec Allen Ginsberg, Gregory Corso, William S. Burroughs, David Amram, Gary Snyder, Carolyn Cassady, Lawrence Ferlinghetti

This Song for Jack a été tourné au Naropa Institute à Boulder, Colorado, lors d’une série de conférences consacrées à Kerouac, du 23 juillet au 1er août 1982. Cette manifestation commémorait le 25e anniversaire de la publication de Sur la route et réunissait tous les membres de la Beat Generation contemporains de Kerouac, dont Robert Frank.


>Home Improvements
États-Unis, 1985, vidéo, couleur, 29’, vo stf
avec Pablo Frank, June Leaf, Robert Frank, Gunther Moses

Premier film de Robert Frank tourné en vidéo avec une caméra Portapak, Home Improvements est une sorte de journal filmé de Robert Frank, relatant les événements importants de sa vie. Il traite des relations entre sa vie d’artiste et sa vie personnelle, et montre comment les deux sont inextricablement liées.


>Candy Mountain de Robert Frank et Rudy Wurlitzer
Suisse / France / Canada, 1987, 35 mm, couleur, 91’, vo
avec Kevin O’Connor, Harris Yulin, Tom Waits, Bulle Ogier, Roberts Blossom, Leon Rodbone, Dr. John, Laurie Metcalf, Rita MacNeil, Joe Strummer, Jane Eastwood, Kazuko Oshima et les musiciens Joey Barron, Greg Cohen, Arto Lindsay, Marc Ribot, Fernando Saunders, John Scofield

Road movie : les déambulations de Julius à la recherche du légendaire fabricant de guitares, Elmore Silk, disparu peu de temps avant le tournage.


>C’est vrai (One Hour)
France, 1990, vidéo, couleur, 60’, vo stf
avec Kevin O’Connor, Peter Orlovsky, Taylor Mead, Willoughby Sharp, Bill Rice, Tom Jarmusch, Zsigmond Kirschen, Sid Kaplan, Odessa Taft, Sarah Penn, Margo Grip

En une seule prise, Robert Frank décrit une promenade faite en compagnie de l’acteur Kevin O’Connor, à pied ou assis à l’arrière d’un mini-van, dans le Lower East Side, entre 3 h 45 et 4 h 45 de l’après-midi, le 26 juillet 1990. Ce film très construit réserve une part à l’improvisation : le film a un script, une conversation entendue dans un dîner a été transcrite par Mika Moses, alors que l’intervention de Peter Orlovsky est totalement improvisée.


>Moving Pictures
États-Unis, 1994, vidéo, nb et couleur, silencieux, 17’
avec Allen Ginsberg, Raoul Hague, Harry Smith, June Leaf, Jean-Luc Godard

Moving Pictures traite du passage de Robert Frank de la photographie au film et de sa recherche d’une forme d’expression “concrète”. Il assemble ses photographies en séquences spatiales et temporelles, posant une photo après l’autre, feuilletant ses albums et filmant des bandes d’épreuves photographiques avec lenteur et attention.


>The Present
Suisse, 1996, 35 mm, couleur, 27’, vo stf

Des objets, des photos, des événements incitent Robert Frank à la réflexion. Depuis son appartement new-yorkais et sa maison en Nouvelle-Écosse, lors de visites à des amis, l’artiste médite sur ses rapports aux autres, sur ses enfants décédés, sur son travail.


>What I Remember from My Visit (with Stieglitz)
Canada, 1998, vidéo, couleur, 7’, vo
avec Robert Frank, June Leaf, Jérôme Sother

"Ce dont je me souviens de ma visite chez Stieglitz : l’hospitalité, la cuisinière à bois de la cuisine, le poulet du déjeuner, Stieglitz attendant que le soleil apparaisse à travers les nuages…" Robert Frank s’interroge ici sur son rôle de photographe et de cinéaste.


>Paper Route
Canada / Suisse, 2002, vidéo, couleur, 23’, vo stf
avec Bobby McMillan

Paper Route est une vidéo laconique sur les départs et les retours, sur le mouvement cyclique dans la nature et le mouvement circulaire du voyage. Robert Frank accompagne Bobby McMillan dans sa tournée nocturne autour de la petite ville de Mabou en Nouvelle-Écosse. Il mène un entretien décousu avec McMillan, inspiré de son désir de comprendre la vie des autres.


>True Story
États-Unis, 2004, vidéo, nb et couleur, 26’, vo stf

Dernier film de Robert Frank, présenté en octobre 2004 à l’exposition "Robert Frank Story Lines" à la Tate Modern de Londres. Commentant en voix off des scènes tournées dans ses domiciles de New York et de Nouvelle-Écosse, le cinéaste retrouve ses thèmes habituels de la mémoire et de la perte. Tour à tour poignante, réfléchie, auto-ironique et pleine de colère, cette autobiographie sans fard révèle les préoccupations de la fin de carrière de Robert Frank.


>Le Voyage américain de Philippe Séclier
France, 2008, 58’

Décembre 2007. C’est la fin d’un voyage, commencé deux ans auparavant, sur les traces du livre de Robert Frank, Les Américains.
Un livre de 83 photographies, prises en 1955 et 1956, à travers les États-Unis. Le regard d’un jeune homme d’origine suisse, émigré à New York après la guerre… Ce film-documentaire reconstitue l’histoire de ce livre devenu mythique. Il confronte deux voyages, sur le même parcours, celui de Robert Frank et celui de Philippe Séclier, seulement séparés par le temps.