Satellite 2
Programmation proposée par María Inés Rodríguez
octobre 2008 – septembre 2009





María Inés Rodríguez a conçu son projet autour de l’idée même de satellite. Si les satellites artificiels, il y a à peine trente ans, relayaient des données relevant exclusivement des domaines militaire ou scientifique, ils sont aujourd’hui l’instrument d’une consommation constante, quotidienne et personnalisée. GPS, Internet, chaînes thématiques..., le satellite joue désormais dans nos vies un rôle duel et paradoxal : celui de surveillant et de confident. María Inés Rodríguez nous invite précisément à explorer ces pans d’ambiguïté – entre le contrôle et l’expression, le public et le privé, bref, entre le Je et l’Autre.

À l’automne 2009, Vasco Araújo crée, à partir des Dialogues avec Leuco de Cesare Pavese (1947), un nouveau récit interprété par six personnages énigmatiques. Par une mise en scène rigoureuse, ces six personnages réunis autour d’une table n’en forment en vérité qu’un seul, qui nous renvoie aussi en miroir notre propre image…, alors que Christophe Bruno adapte, pour l’espace virtuel en ligne, Le Dadamètre, un indice global permettant de mesurer notre distance par rapport à Dada, inspiré de Raymond Roussel et de sa méthode. À partir de fin janvier, Mario García Torres imagine un projet intitulé "Il aurait bien pu le promettre aussi" qui occupe quatre espaces différents : le foyer, la mezzanine, la librairie et la publication. Ces interventions, liées entre elles, évoquent selon l’artiste l’histoire "un rien cryptique d’une personne qui travaille avec le cinéma, la photographie, et plus particulièrement le sous-titrage". Au printemps, Agathe Snow propose "Vues d’en haut, vertiges et constellations", la quatrième étape d’un projet plus vaste consacré à l’esprit de Léonard de Vinci et au rêve américain, tandis que Angelo Plessas conçoit, avec la collaboration d’Andreas Angelidakis, un projet multiple et tentaculaire dont la fonction est d’accueillir, sur le site Internet du Jeu de Paume, un ensemble d’évènements et d’installations qui vont de la lecture de "robot-poésie" à la création d’un observatoire des réseaux sociaux. Un projet perpétuellement en chantier... Enfin, en été, Irina Botea tente de ré-interpréter les images des médias qui font l’Histoire, et de développer une sympathie avec les protagonistes, plus ou moins actifs, d’une situation historique à laquelle nous accédons maintenant seulement sous une forme médiatique.