Satellite 9
"Notre océan, votre horizon". Une proposition de Heidi Ballet

En accès libre, la programmation Satellite est confiée, chaque année, à un commissaire différent chargé de trois expositions au Jeu de Paume et d’une exposition à la Maison d’Art Bernard Anthonioz (Nogent-sur-Marne). Pour la neuvième édition de cette programmation, le Jeu de Paume renouvelle son partenariat avec la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques et le CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux et a convié Heidi Ballet, commissaire indépendante belge basée à Berlin. Les quatre expositions de « Notre océan, votre horizon » sont également présentées au CAPC en 2016.
Les expositions de la programmation Satellite s’accompagnent de quatre publications. Chaque année, le Jeu de Paume et le CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux font appel à des graphistes indépendants. L’identité graphique et les quatre volumes de la programmation Satellite 9 ont été imaginés et conçus par Julie Rousset et Audrey Templier.

La mise en regard des notions d’identité océanique et d’identité terrestre, deux prismes à travers lesquels chacun peut envisager sa relation au monde, constitue le point de départ de la programmation Satellite 9. Si l’identité terrestre repose sur une vision du monde tournée vers l’intérieur, préoccupée d’espaces finis délimités par des frontières et une souveraineté, l’identité océanique est tout autre. Une identité liée à un « espace aquatique » engendre une perspective ouverte sur l’extérieur, fluide, ample et sans exclusive, axée sur les horizons et sur ce qui se trouve au-delà. Vue sous cet angle, l’identité est définie par la navigation et le mouvement, ce qui correspond à un renversement de l’interprétation statique de l’espace.

Ce renversement, c’est l’un des initiateurs de la notion d’identité océanique, le scientifique fidjien Epeli Hau’ofa, qui en est à l’origine. Dans l’essai Notre mer d’îles qu’il publie en 1994, il s’élève contre la vision territoriale réductrice imposée aux îles du Pacifique, selon laquelle celles-ci seraient trop petites pour être viables. En renouant avec le principe précolonial soutenant que les îles feraient partie d’un espace de vie interconnecté, Hau’ofa remet en cause les interprétations déterministes occidentales qui voient dans l’océan un non-espace, une simple absence de terre.

Les artistes Edgardo Aragón, Patrick Bernier & Olive Martin, Guan Xiao et Basim Magdy naviguent au gré d’identités qui, échappant à la dichotomie traditionnelle entre terre et eau, sont hybrides ou fluides, grâce peut-être en partie à Internet. Cette série de quatre expositions personnelles propose des profils alternatifs et imaginaires allant à l’encontre des règles classiques d’une cartographie restrictive pour inclure des acceptions plus souples de la notion d’identité.


Heidi Ballet est une commissaire indépendante et chercheuse belge basée à Berlin. Elle a récemment organisé l’édition 2015 de Brussels Cologne Contemporaries et l’exposition collective « Let the Body Be Electric, Let There Be Whistleblowers » (en collaboration avec Anselm Franke) à la galerie Dan Gunn de Berlin. Heidi Ballet a été commissaire assistante de la Biennale de Taipei 2012 « Modern Monsters » et commissaire-chercheuse pour l’exposition itinérante « After Year Zero » qui, présentée à la Haus der Kulturen der Welt en 2013, se tiendra également au musée d’Art moderne de Varsovie en 2015.
De 2008 à 2012, elle a dirigé la galerie Jan Mot à Bruxelles où elle a organisé l’exposition collective « The Encounter ». En 2014, elle a participé au programme « Young Curators Invitational » de la Fondation d’Entreprise Ricard. Elle fait partie du conseil d’administration de la galerie KIOSK de Gand et du conseil consultatif artistique de la biennale Contour de Malines. En 2017, une vaste exposition collective confiée à Heidi Ballet s’ouvrira au centre d’art contemporain de Vilnius, elle sera également commissaire du Lofoten International Art Festival.