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Basim Magdy

Dans sa nouvelle pièce produite pour le Jeu de Paume et intitulée No Shooting Stars [Il n’y aura pas d’étoiles filantes], Basim Magdy couvre un territoire vierge de mythe fondateur, à savoir l’immensité de l’océan. L’espace aquatique est certes présent dans la plupart des récits religieux concernant la création, et la science y voit même l’origine de la vie. Cependant, hormis la reconnaissance du rôle joué par l’eau en tant que source de vie, les civilisations terriennes n’accordent guère d’importance aux océans. L’océan est comme un territoire endormi aux marges de notre conscience, qui n’a pas sa place dans les livres d’histoire puisqu’il n’a jamais été dans l’intérêt d’aucun groupe de s’en proclamer résident. Au contraire, dans la psychologie collective, le grand large, pris dans la dichotomie terre/eau, est le lieu tout désigné pour accueillir les vagabonds et les prisonniers, et à ce titre représente le versant négatif de la terre, où l’ordre est censé régner.

Cette nouvelle œuvre de Basim Magdy se construit autour du récit d’une personne dont l’identité se confond avec l’océan, d’une entité qui cherche à percer les secrets du monde sous-marin. Le film est fait d’une succession d’images se fondant les unes dans les autres et de scènes oniriques qui entrent en discordance avec le récit. Si certaines images nous montrent ce qui se passe sous l’eau, la plupart décrivent des espaces qui, bien que touchés par le mystère de l’océan, ne peuvent cependant pas l’éclairer.[…]


In "No Shooting Stars", Magdy covers a territory that has no founding legend, namely the vast oceanic space. Water space is present in most religious creation narratives and scientifically is even considered to be the source of life itself. Yet once water’s role of life-giver is played out, land-based civilizations attach little or no importance to the oceans. Oceanic territory lays dormant at the margins of our awareness and does not enter into history books since no group has an interest in glorifying it as a home base. On the contrary, psychologically open seas are caught in a land-water dichotomy that makes them the only place of designation for vagabonds and prisoners, thus figuring as a negative counter image for the order that reigns on the land.

Magdy’s new work is built around the personal narrative of someone whose identity is vested in the ocean, an entity that is willing to unveil the secrets of an underwater world. As the film progresses, images merge and dream-like scenes drift in dissonance with a narration. Some imagery shows what happens underwater, although most images are made up of spaces that are all affected by the ocean’s mystery but bring no enlightenment. […]

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