Vivian Maier (1926-2009), une photographe révélée
Au Château de Tours
du 09 novembre 2013
au 01 juin 2014
Tours

Le talent de Vivian Maier est à rapprocher des figures majeures de la Street Photography américaine telles que Lisette Model, Helen Levitt ou encore Diane Arbus et Garry Winogrand. Née à New-York en 1926, elle passe une partie de son enfance en France avant de revenir dans sa ville natale en 1951, et de réaliser ses premières photographies. En 1956, elle s'installe à Chicago où elle demeure jusqu'à sa mort en 2009.

Avec cent vingt épreuves argentiques noir et blanc et couleur tirées d’après les diapositives et négatifs originaux ainsi qu’avec des extraits de films super-8 qu’elle réalisa dans les années 1960 et 1970, l’exposition présentée au Château de Tours par le Jeu de Paume, en collaboration avec la Ville de Tours et diChroma photography, est la plus importante consacrée à Vivian Maier en France. Ce projet, conçu à partir de la collection réunie par John Maloof avec l’aide de la Howard Greenberg Gallery de New York, constitue une première approche de l’œuvre, révélant un regard, une poésie et un humanisme hors du commun.

Les étonnantes photographies de Vivian Maier ont été découvertes par hasard par John Maloof, en 2007, dans une salle des ventes de Chicago. À la recherche d’une documentation historique sur un quartier de cette ville, ce jeune collectionneur fit alors l’acquisition d’un lot considérable d’épreuves, de négatifs et de diapositives (dont une grande partie non développée) ainsi que des films super 8 d’un auteur inconnu et énigmatique. Personnalité discrète et solitaire, Vivian Maier a, en effet, réalisé plus de 120 000 prises de vues et produit en trente ans une œuvre conséquente qu’elle n’a montrée à personne, ou presque, de son vivant.

Pour gagner sa vie, Vivian Maier fut gouvernante pour enfants. Un appareil autour du cou (d’abord un appareil type box, puis un Rolleiflex et un Leica), elle consacra ses loisirs et ses moments de repos à arpenter et à photographier les rues de New York puis de Chicago. Les témoignages des enfants dont elle s’est occupée la décrivent comme une femme cultivée, ouverte d’esprit, généreuse mais peu chaleureuse. Ses images, quant à elles, montrent une réelle curiosité aux choses du quotidien et une profonde attention aux passants qui croisèrent son regard : les physionomies, les attitudes, les tenues et les accessoires à la mode pour les plus aisés, ou encore les signes de pauvreté pour les plus démunis.
Si certains clichés ont été pris à la sauvette, d’autres rendent compte d’une véritable rencontre avec les individus qu’elle a photographiés frontalement et à faible distance. C’est d’ailleurs avec une évidente empathie qu’elle s’est s’intéressée aux sans-abri et aux marginaux, signant ainsi de troublants portraits dans une Amérique pourtant en plein essor économique.

Vivian Maier meurt dans l’anonymat, en avril 2009, après avoir été recueillie et hébergée par la famille Gensburg pour laquelle elle avait travaillé pendant près de 17 ans. Une grande partie de ses biens ainsi que l’intégralité de sa production photographique avait auparavant été déposés en garde-meuble puis saisis et vendus, en 2007, pour honorer des impayés. Sa biographie est à présent partiellement reconstituée grâce aux recherches et aux interviews menées après la mort de la photographe par John Maloof et par Jeffrey Goldstein, autre collectionneur qui fit l’acquisition d’une part importante de son œuvre. Les sources administratives indiquant ses origines austro-hongroise et française, ses différents voyages en Europe, en France (principalement dans la vallée du Champsaur dans les Hautes-Alpes où elle passa une partie de son enfance) mais aussi en Asie et aux États-Unis ont clairement été identifiés et répertoriés. Mais les circonstances qui l’ont menée à la photographie et son parcours d’artiste restent encore aujourd’hui à découvrir.

Plus qu’une passion, la photographie apparait chez elle comme une nécessité voire une véritable obsession : se sont accumulés dans les cartons qu’elle emportait à chaque changement d’employeur, à chaque déménagement, l’impressionnante quantité de films qu’elle n’a pas développés, faute d’argent, ainsi que des archives composées de livres ou de coupures de presse relatant des faits divers.
L’œuvre de Vivian Maier met en lumière des détails anodins, trouvés au hasard de ses promenades, décrivant l’étrangeté des gestes, la singularité des figures et la distribution graphique des corps dans l’espace. Elle a également exécuté une série d’autoportraits saisissants, reflets d’elle-même mis en scène par l’intermédiaire de miroirs ou de vitrines de magasin.


Commissaire : Anne Morin, commissaire d'expositions et directrice de diChroma photography


Partenaires


Exposition produite par diChroma photography

en collaboration avec le Jeu de Paume
et la Ville de Tours
avec l’aide de la galerie Howard Greenberg, New York.


En partenariat avec A Nous, ARTE, Faribole, France Bleu Touraine.


Sur le magazine en ligne
LA PAROLE À : Abigail Solomon Godeau : "L'invention de Vivian Maier"
EN IMAGES : Photos de l’exposition, réalisées lors de la visite presse


Château de Tours
25 avenue André Malraux – 37000 Tours
Tél. : 02 47 70 88 46
Horaires : du mardi au vendredi de 14 H à 18H,
samedi et dimanche 14 H 15 à 18 H.
Entrée gratuite

Visites commentées destinées aux visiteurs individuels le samedi à 15 heures. Visites couplées avec l’exposition du CCC – Centre de création contemporaine de Tours, le premier samedi du mois à 16 h 30.
Visites commentées pour les groupes adultes, associations, scolaires et publics jeunes. Accueil gratuit des groupes, du mardi au vendredi sur rendez-vous : information et réservation au 02 47 70 88 46 / de@ville-tours.fr
Document PDF téléchargeable

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