Omer Fast.Le présent continue
Dossier documentaire de l'exposition
du 20 octobre 2015
au 24 janvier 2016
Jeu de Paume, Paris

DOSSIER DOCUMENTAIRE, MODE D'EMPLOI
Conçu par le service éducatif, en collaboration avec l’ensemble du Jeu de Paume, ce dossier propose aux enseignants et aux équipes éducatives des éléments de documentation, d’analyse et de réflexion.

Il se compose de deux parties :
Découvrir l’exposition offre une première approche du projet et du parcours de l’exposition, des artistes et des œuvres, ainsi que des repères chronologiques et iconographiques.
Approfondir l’exposition développe plusieurs axes thématiques autour du statut des images et de l’histoire des arts visuels, ainsi que des orientations bibliographiques et des ressources en ligne.
Téléchargez le dossier documentaire (PDF) en bas de page.

AVERTISSEMENT
Nous informons les visiteurs que les vidéos présentées comportent certaines scènes susceptibles de heurter la sensibilité du public, notamment des plus jeunes.
En raison de la violence ou du caractère sexuel de ces séquences ainsi que de la complexité des structures narratives d'Omer Fast, nous conseillons la découverte de cette exposition aux groupes scolaires uniquement à partir du lycée et aux établissements d'enseignement supérieur.


L'exposition
Basé essentiellement sur l’image en mouvement, le travail d’Omer Fast explore la complexité de la narration à travers une pratique qui trouble les frontières entre le « réel » et la « représentation ». Si l’origine de ses histoires est souvent documentaire, leur construction s’affranchit cependant d’une démarche naturaliste et résiste à toute révélation d’une « vérité » ultime du récit. Omer Fast s’intéresse au rapport entre individu et collectivité, à la façon dont les événements sont transformés en mémoires et histoires ainsi qu’à leurs modes de circulation et de médiatisation.

Né à Jérusalem en 1972, Omer Fast a grandi au milieu de langues et cultures différentes. Il passe une grande partie de son adolescence à New York et déménage plus tard à Berlin, où il réside actuellement. De cette expérience personnelle de l’adaptation résulte en partie son attirance pour les questions du langage, de la transmission, de la traduction et de l’identité qui traversent ses installations vidéo dès ses premiers travaux dans les années 2000.
Fast est avant tout un narrateur. La manière dont il construit des histoires, qui se concrétise par une maîtrise de la forme, des modalités du récit et de l’agencement des points de vue, transcende les sujets qu’il aborde. Son œuvre traite en effet de questions sociales, politiques, géopolitiques ou historiques, mais c’est le mode de narration et ses effets qui lui donnent tout son sens. Fast ne cesse de raconter des histoires en interrogeant le statut même de l’image. Ses installations vidéo entrelacent différents registres – réalité et fiction, original et copie, document et artifice – révélant les codes et les conventions qui définissent le « réel » au cinéma et à la télévision.

L’œuvre d’Omer Fast interroge la vérité objective de l’expérience, soulignant le décalage entre expérience vécue, identité et discours. L’artiste aime travailler avec le témoignage (du soldat, du réfugié, de l’acteur pornographique…), point de départ de nombre de ses œuvres. Il le transforme et le manipule librement grâce au montage et rend visible le travail complexe qui consiste à traduire en images les faits, tout en contestant la primauté du témoin. Il rend compte des récits potentiels que ceux-ci peuvent engendrer. Le travail de Fast nous confronte à ce paradoxe insoluble : si une histoire est le fruit – autant que l’otage – de conventions discursives, il n’en reste pas moins que, sans ces conventions, il n’y aurait ni expérience ni transmission.

Omniprésente dans le travail d’Omer Fast, la répétition constitue aussi un aspect central de sa grammaire filmique : les figures du double, de la boucle et de la reconstitution sont autant d’éléments qui définissent son œuvre. Ainsi la répétition avec variations ou les variations au sein de la répétition structurent-elles les vidéos présentées dans l’exposition, 5,000 Feet is the Best, Continuity (Diptych) et CNN Concatenated, que traversent également l’expression du trauma, le jeu de rôles et la guerre.

« Le présent continue » propose un enchaînement qui part du « réel historique » télévisuel dans le contexte du 11-Septembre avec CNN Concatenated, glisse vers la fiction et l’horreur au sein d’une famille avec Continuity (Diptych) et s’achève sur une réflexion autour des nouvelles formes de guerre à distance basée sur un témoignage dans 5,000 Feet is the Best.

Du déclenchement de la guerre contre le terrorisme au « combat virtuel », est donnée à voir la façon dont notre expérience du monde est médiatisée par les technologies de l’image, capables de rendre de plus en plus réel leur impact sur le sujet, que ce soit le spectateur télé ou le pilote de drones.


Contacts
Chargée des publics scolaires et des partenariats
Pauline Boucharlat : 01 47 03 04 95 /
paulineboucharlat@jeudepaume.org

Réservation des visites et des activités
Marie-Louise Ouahioune : 01 47 03 12 41 /
serviceeducatif@jeudepaume.org

Responsable du service éducatif
Sabine Thiriot
sabinethiriot@jeudepaume.org

Conférenciers et formateurs
Benjamin Bardinet : 01 47 03 12 42 /
benjaminbardinet@jeudepaume.org
Ève Lepaon : 01 47 03 12 42 /
evelepaon@jeudepaume.org

Professeurs-relais
Céline Lourd, académie de Paris
celinelourd@jeudepaume.org
Cédric Montel, académie de Créteil
cedricmontel@jeudepaume.org
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