Raoul Hausmann
du 05 février
au 20 mai 2018
Concorde, Paris

L’œuvre photographique de Raoul Hausmann (Vienne, 1886-Limoges, 1971) est restée longtemps méconnue et sous-estimée. De cet artiste-clé du XXe siècle, la postérité a d’abord retenu le rôle majeur au sein de Dada Berlin, les assemblages, les collages, les photomontages, les poèmes phonétiques, quand les vicissitudes de l’Histoire ont occulté cette autre facette, pourtant prééminente, de son rayonnement.

À partir de 1926, Hausmann devient pourtant un photographe prolixe. Cette pratique nouvelle pour lui, immédiatement absorbante, devient d’emblée la clé de voûte d’une pensée foisonnante, et culmine jusqu’à son départ forcé d’Ibiza en 1936.
Taxé d’artiste « dégénéré » par les nazis, il dut quitter précipitamment l’Allemagne en 1933 et, au fil de ses exils, abandonner nombre de ses clichés. Son travail photographique est donc demeuré secret, largement invisible, présumé perdu, avant que ne soit presque miraculeusement découvert, au milieu des années 1980, dans l’appartement de sa fille à Berlin, un fonds jusque-là inconnu (aujourd’hui à la Berlinische Galerie).
Les fonds français, principalement conservés au Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart, se sont constitués dans le même temps, et enrichis jusqu’aux années 2010. Depuis lors, l’aura de photographe de Raoul Hausmann n’a cessé de croître.

Hausmann photographe étonne. Lui dont on connaît la veine acerbe et mordante de l’époque dada vise ici la pacification, la réconciliation, une forme de résistance au temps par la sérénité.



Commissaire : Cécile Bargues

Coproduction Jeu de Paume / Le Point du Jour, Paris-Cherbourg