Les Conséquences de la photographie
Journée d’étude sous la direction de Laure Poupard
le 01 décembre 2018
11h00 - 18h00
Concorde, Paris

« La bonne photographie n’est pas l’objet, les conséquences de la photographie sont les objets » (D. L.)

À l’occasion de l’exposition consacrée à la photographe américaine Dorothea Lange, le Jeu de Paume organise une journée d’étude sur le thème de l’image au service de l’information, de l’éducation et de la persuasion.
Dans un de ses nombreux écrits, Dorothea Lange déclare : « La bonne photographie n’est pas l’objet, les conséquences de la photographie sont les objets. Pour que personne ne dise, comment l’as-tu fait, où l’as-tu trouvé, mais pour qu’ils disent que de telles choses peuvent exister. »
Lors de cette journée, des spécialistes internationaux interviendront sur la question des usages de la photographie au service du changement politique et social, telle qu’elle se pose depuis les années 1930 jusqu’à nos jours.


PROGRAMME

11h – 13h30
La journée de discussions s’ouvrira sur le contexte de l’entre-deux-guerres et du développement de projets photographiques à des fins de réforme socio-économique et de propagande politique. Ces discussions éclaireront les enjeux soulevés par quelques-unes des grandes crises politiques et sociales des années 1930, et montreront la façon dont la photographie a pu être mobilisée pour y répondre.

Laure Poupard, historienne de l’art et directrice de la journée d’étude, présentera quelques-uns des projets photographiques mis en place par le gouvernement des États-Unis dans le contexte de la Grande Dépression. Elle insistera notamment sur la diversité des stratégies visuelles mises en œuvre par les nombreuses administrations du New Deal.

Pia Viewing, commissaire de l’exposition « Politiques du visible » présentera l’œuvre de Dorothea Lange.

Bernd Stiegler, professeur de littérature allemande moderne et d’histoire et théorie des médias, à l’Université de Constance, dont les recherches portent sur l’histoire et la théorie de la photographie au XIXe et XXe siècle, fera le lien entre photographie et construction nationale en Allemagne dans l’entre-deux-guerres.

Gennifer Weisenfeld, actuellement à dean of Humanities et professeur à Duke University, historienne de l’art moderne japonais, proposera un parallèle avec la propagande impérialiste japonaise et contribuera à identifier les attributs d’une esthétique graphique moderne et globalisée.

À l'issue de ces présentations, une discussion entre Laure Poupard, Pia Viewing, Bernd Stiegler et Gennifer Weisenfeld permettra, notamment, de faire apparaître non seulement les codes visuels mais aussi les thèmes communs aux quatre contextes étudiés.



15h – 18h
Table ronde visant à transposer les arguments et questions soulevés au cours de la session matinale dans le contexte contemporain. Les différentes interventions tenteront de faire comprendre l’évolution de la photographie et de l’image en général en tant qu’outils de communication et de mobilisation sociale.
Quelques questions seront adressées individuellement à chacun des intervenants, avant d’engager une conversation. Seront présents :

Stephen Duncombe, professeur au département Média, Culture et communication de la New York University, co-fondateur du Center for Artistic Activism et auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la culturelle visuelle populaire américaine.

Joëlle Zask, maître de conférence à l'université de Provence, spécialiste de la philosophie pragmatique américaine et auteur de plusieurs ouvrages dédiés à l’art et la démocratie.

André Gunthert, maître de conférence en histoire visuelle à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.

Laura Wexler, professeur en études américaines à Yale University et auteur de plusieurs ouvrages dédiés au rôle de la photographie dans la constitution de la mémoire collective américaine.

Cette journée d'étude se terminera par une discussion entre l'ensemble des intervenants, modérée par Laure Poupard.

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