Image et sport
Coup d'oeil #1
du 07 septembre
au 04 octobre 2020

La 1ère thématique de Coup d'oeil est ... "Image et sport" ! Pendant tout le mois de septembre, on vous parle de l'image du sport, de l'image dans le sport, des images du sport ou encore du sport en images. Au programme : des images commentées, des reco lecture et ciné et bien d'autres surprises...


L'EDITO

« - Si vous n’aviez pas eu le cinéma, l’écriture, qu’ auriez-vous aimé devenir ?- Un bon footballeur. Après la littérature et l’éros, pour moi le football est l’un des plus grands plaisirs.»

Ecrivain et metteur en scène, artiste et intellectuel Pasolini était également un footballeur amateur accompli et un supporter passionné. Dans un des textes qu’il a écrits sur le sujet (rassemblés dans une édition française sous le titre « Les Terrains, écrits sur le sport » , Le Temps des Cerises, 2012) il note, pour le regretter mais sans acrimonie, que le sport est devenu spectacle : « La pelouse des stades et le ring sont des scènes de théâtre : qui ont carrément remplacé les véritables scènes de théâtre ».

Nous sommes alors au tout début des années soixante. Que dirait-il aujourd’hui ? L’image-la photographie, le film- ont longtemps magnifié le sport- ses grâces comme ses disgrâces- avant de le cannibaliser : Dans Snake Eyes, c’est autour d’un seul round d’un combat de boxe que Brian de Palma met en scène une intrigue kaléidoscopique, chassé-croisé de regard-ceux des humains et, surtout, ceux, omniprésents, des caméras de télévision ou de surveillance- qui s’entrecroisent, semblent se contredire, et finalement se complètent.

Alors oui, le sport n’a pas échappé au devenir image du monde, il en est même devenu un des symptômes les plus évidents. Regardez aujourd’hui vos écrans : stades vides au public virtuel, ambiance sonore préenregistrée, courts déserts où juges et arbitres sont remplacés par des systèmes informatiques. En imposant de nouvelles normes, les règles sanitaires de distanciation physique liées à la crise du COVID-19 ont par ricochet profondément modifié le spectacle du sport professionnel, le privant de sa fièvre, de sa sensualité serait-on tenté de dire : une mise sous vide qu’on espère évidemment la plus brève possible.

Quentin Bajac, directeur du Jeu de Paume

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