Conversations européennes : "(Impossibles) représentations de la guerre"
Programme conçu avec Nataša Petrešin, commissaire d'exposition
le 28 mars 2008
19h00 - 21h00
Concorde, Paris

Avec les artistes et cinéastes Joanna Hadjithomas et Khalil Joreige (Beyrouth/Paris), Marco Peljhan (Slovénie) et Florence Lazar (France).

L’ex-Europe de l’Est et plus précisément les "Balkans de l’Ouest" ont été marqués récemment par une guerre civile et une épuration ethnique d’une violence inouïe et dont nul n’est sorti vainqueur. Ce qui était auparavant la Yougoslavie a été ravagé par les tueries entre voisins et amis, les camps de prisonniers, les abus de toute sorte. On se souvient des réactions importantes des artistes et de l’intelligentsia, à l’étranger ou localement.

En élargissant la discussion au-delà de ces régions puisque les invités viennent à la fois de Slovénie, de France et du Liban, cette séance souhaite ouvrir un débat sur un aspect crucial de l’engagement artistique. Pouvons-nous parler d’une autonomie éthique des positions artistiques, comprises dans le commentaire quotidien de l’intelligentsia, pour évoquer le potentiel d’intervention qui est le leur ? Qui peut légitimement intervenir, commenter, subvertir, représenter, manifester, interpréter la guerre et ses horreurs ? Qui décide de la légitimité des postures artistiques en la matière, et dans quelle part du domaine public devons-nous les situer – social, art et culture, sciences humaines, activisme, politique ou autre ? Le contenu et la forme des pratiques culturelles ont-ils été remis en cause, non seulement par la guerre, mais aussi en tant que résultats d’une réconciliation possible ? Dans l’art, les représentations, qu’il s’agisse de l’image ou non, ont-elles trouvé de nouveaux statuts pour réagir à l’immédiateté et à la visibilité de la machinerie médiatique ? Enfin, selon Susan Sontag dans son essai fondateur, Devant la douleur des autres, comment pouvons-nous être pris au sérieux lorsque nous parlons au nom de la "douleur des autres" ?

Nous remercions la Maison d'Europe et d'Orient / Centre culturel pour l'Europe de l'Est et l'Asie centrale et la Maison d’Europe de Paris pour la diffusion de ce programme.