PROGRAMME DU 19 JUIN

Dimanche 19 à 14 h

> Laure Cottin : No Blood in my body (2010, 28’49)
Claudia est américaine, elle vit avec Thomas.
Thomas dit à Claudia qu’il s’occupe d’elle mieux que sa famille américaine, qu’elle est belle, qu’elle l’a sauvé. Chacun de leur côté, Thomas et Claudia aspirent à être libre.
Un jour, Claudia surdose et tombe dans l’inconscience.
Thomas, impuissant, en colère, voit qu’elle lui échappe.

"Hier, Claudia et moi avons eu une conversation. Pourquoi avons-nous choisi cette vie ? Quitter une drogue, plonger dans une nouvelle, devenir des junkies. J’aime ma vie, je l’ai choisie. J’ai été très confus pendant les 30 dernières minutes. J’ai essayé de joindre Claudia au téléphone, il fallait qu’on rentre à Bièvres. Elle avait pris 2,6 ml de GBL. Elle a arrêté de respirer. J’ai essayé de la faire respirer de nouveau. Préparé et fait un shoot. Mon amour était inconscient. J’ai cru qu’elle allait mourir.
-Est-ce que ça va nous tuer ?
-Non Claudia, ça ne nous tuera pas."
Extrait du journal intime de Thomas, l’un des deux personnages du film.

> Quentin Brejon : Rue Tournefort (2009, 20’43)
C'est l'histoire d'une cinéaste qui réalise un documentaire sur la rue Tournefort depuis un appartement situé en rez-de-chaussée transformé en une camera obscura géante. Au fil de rencontres incongrues, la cinéaste s'éloigne de son sujet et s'égare dans un questionnement sur la lumière.

> Jero Yun : La Chute (2009, 20’05)
La chute raconte la descente aux enfers d’un père alcoolique et de son fils aux travers d’une relation qui se délite.

> Amaury Brumaud : Tenue de route (1998, 11’19)
Un homme en voiture se promène dans la campagne. Il croise de nombreuses conductrices. Il se perd peu à peu dans ce tourbillon de rencontres féminines et furtives qui le nargue et nourrit ses fantasmes.

> Denis Larzillière : 56 pesos (2008, 14’32)
Dans l’Ouest, un chasseur de prime solitaire traque un dangereux sorcier.


Dimanche 19 à 15 h 45

> Willy le Bleis : Jagannatha (2008, 6’58)
Entre la métaphore et le spectacle, ce film est la projection d’un fantasme, celui de l’anéantissement systématique de toute construction humaine, phase de transition nécessaire pour redécouvrir la virginité de la nature.

> Raphaël Siboni : Still Killers (2004, 12’)
Un atelier d’arts plastiques. Le lieu d’un rapport entre les quantités. L’expérience d’un rapport à des quantités. Il y a une certaine quantité de couleurs. Une certaine quantité de rouge. Il y a une certaine quantité d’espace. Une certaine quantité de vide. Le mouvement est un liant. L’immobilité aussi.

> Neil Beloufa : Brune Renault (2009, 16’43)
Un parking. Une Renault 11 rouge qui tourne en rond. À bord, quatre adolescents qui se titillent, minaudent, se jalousent les uns les autres. Ils ressemblent finalement aux figures des films classiques comme James Bond, James Dean ou Sharon Stone.

> François Rousselet : Slow (2007, 13’42)
Cela n’a rien du Kansas filmé au sépia, ni du Palais d’Emeraude rutilant du pays d’Oz. Nous ne sommes pas dans l’œil du cyclone, mais au centre d’une mécanique de l’artifice qui s’atèle à tout dissimuler ou tout montrer.
Le film nous montre des personnages s’étouffant à trop vouloir combler l’image. L’un suant et donnant de son corps pour exister, les yeux tapis dans l’ombre, l’autre errant sans destination, dans le jeu des apparences, attiré comme une mouche vers tout ce qui luit. Garçon et fille sont des personnages de fiction, mais elle plus encore est l’actrice enfermée et forcée qu’était Judy Garland. Il y a dans ce film quelque chose qui tient de la lascivité adolescente et de ses contradictions ; ainsi, la spontanéité devient mise en scène, tout se donne en spectacle avec timidité, et il en va d’une réalité si étirée parfois qu’elle vire au fantasme.
À l’image de The Wizard of Oz (1939) de Victor Flemming, le film se joue d’une certaine théâtralité rigide dissimulée tant bien que mal derrière son rideau de scène.

> Lise Fernandez : Noir de monde (2003, 5’27)
"L'ennui comme la pluie des petites villes de province, le dimanche, une macarena à la salle polyvalente. Les maisons hérissées de paraboles, de réception par satellite, les ondes remplissent à craquer l'air. C'est là que se fait le rasant déroulé de l'apprentissage… le dressage… le formatage d'une adolescente, au milieu des siens. Il n'y a pas d'issue dans ce village, d'où l'on entend continuellement le sifflement des voitures, des milliers de voitures, qui défilent sur l'autoroute, dans l'indifférence générale. Seule l'errance de l'adolescente dans un bois, minuscule biotope en périphérie de l'architecture humaine, un espace organique en dormance, l'aidera dans sa fuite, sa disparition, sa déroute.
C'est un voyage rédempteur, une exploration minérale, la volonté de plonger au cœur de la pierre, de la matière elle-même, des atomes. Assise cette fois au centre d';un seul monde, l'univers à la main pour boire tout d'une fois, elle ne sera plus jamais seule, car il y a la réalité."

> Joffrey Dieumegard : Le Cénotaphe de Racine de Monville (1999, 5’16)
Racine de Monville est le créateur du jardin "Le désert de Retz", un jardin philosophique anglo-chinois de la fin du XVIIIe siècle. Rendre hommage à cet homme par la création d’un cénotaphe, c’est réactualiser la forme architecturale la plus symbolique de l’art utopiste de la fin du XVIIIe siècle.

> Gwenola Wagon : Géos (1999, 2’35)
Chaque film vidéo fut une prise de conscience et une confrontation aux matières premières nécessaires à la constitution du film : la lumière, le blanc, le noir, le négatif. Entre eux, la brume, infinie variation du blanc au noir. Et de sa projection sur un écran blanc dans une salle noire : le signal vidéo, la perception du film dans l’obscurité de la salle, la disparition et la réapparition mécanique, puis électronique de l’image, la lumière du projecteur vidéo projetée sur une toile tendue blanche. Il s’agissait pour chacune des séquences de dépouiller l’image, de la réduire à un nombre d’informations restreint, contenu dans l’image pour ne laisser que l’élément apparent comme acteur principal.


Dimanche 19 à 17 h 30

> Sophie Letourneur : Place Brancusi (2002, 12’)
La place Brancusi agit comme périmètre de mon espace mental où coexistent un quotidien, une réalité documentaire, une histoire imaginaire, une fiction.

> Anri Sala : Intervista (1998, 26’)
Dans ce court-métrage Anri Sala confronte sa mère à son passé de jeune militante communiste. A partir d'images d'archives privées de bande son, on voit celle-ci s'entretenir avec un journaliste lors d'un congrès des jeunesses communistes. Intrigué, Sala avait fait décrypter l'interview par une école de sourds-muets. Le déchiffrage des paroles révélait un soutien idéologique enthousiaste et sans faille envers l'ancienne dictature d'Enver Hoxha, et cette découverte crée une sourde violence où l'intime et le politique se jaugent à l'aune de l'Histoire.

> Neil Beloufa : Brune Renault (2009, 16’43)
Un parking. Une Renault 11 rouge qui tourne en rond. À bord, quatre adolescents qui se titillent, minaudent, se jalousent les uns les autres. Ils ressemblent finalement aux figures des films classiques comme James Bond, James Dean ou Sharon Stone.

> Raphaël Siboni : Still Killers (2004, 12’)
Un atelier d’arts plastiques. Le lieu d’un rapport entre les quantités. L’expérience d’un rapport à des quantités. Il y a une certaine quantité de couleurs. Une certaine quantité de rouge. Il y a une certaine quantité d’espace. Une certaine quantité de vide. Le mouvement est un liant. L’immobilité aussi.

> François Rousselet : Slow (2007, 13’42)
Cela n’a rien du Kansas filmé au sépia, ni du Palais d’Emeraude rutilant du pays d’Oz. Nous ne sommes pas dans l’œil du cyclone, mais au centre d’une mécanique de l’artifice qui s’atèle à tout dissimuler ou tout montrer.
Le film nous montre des personnages s’étouffant à trop vouloir combler l’image. L’un suant et donnant de son corps pour exister, les yeux tapis dans l’ombre, l’autre errant sans destination, dans le jeu des apparences, attiré comme une mouche vers tout ce qui luit. Garçon et fille sont des personnages de fiction, mais elle plus encore est l’actrice enfermée et forcée qu’était Judy Garland. Il y a dans ce film quelque chose qui tient de la lascivité adolescente et de ses contradictions ; ainsi, la spontanéité devient mise en scène, tout se donne en spectacle avec timidité, et il en va d’une réalité si étirée parfois qu’elle vire au fantasme.
À l’image de The Wizard of Oz (1939) de Victor Flemming, le film se joue d’une certaine théâtralité rigide dissimulée tant bien que mal derrière son rideau de scène.