Denis Dailleux

Denis Dailleux est né en 1958 à Angers. Il vit et travaille à Paris et pratique la photographie depuis une vingtaine d'années. Il collabore avec l'Agence VU. Son œuvre a été exposée dans des institutions et des galeries de photographie, principalement en France, et a bénéficié de nombreuses parutions dans la presse : Libération, Courrier International, Télérama, Le Monde... Il a reçu plusieurs bourses et prix : Bourse du FIACRE (1996), Prix "Monographies" des éditions Filigranes (1997), Prix Hasselblad de la Ville de Vevey (2000), Prix World Press Photo à Amsterdam (2000), Prix Fuji Film du festival "Terre d'Images" à Biarritz (2001). Son travail sur l'Égypte a fait l'objet de deux publications : Habibi Cairo, Le Caire mon amour, aux éditions Filigranes (1997) et Le Caire, aux éditions du Chêne (2001).

En 1992, Denis Dailleux découvre l'Égypte et notamment la ville du Caire, dont il tombe en quelque sorte amoureux. Il entretiendra dès lors un rapport passionnel avec cette cité où il se rend régulièrement encore aujourd'hui.
Denis Dailleux est un portraitiste confirmé. "Sa passion pour les gens, pour les autres, l'a naturellement amené à développer cette discipline comme mode de figuration privilégié de ceux dont on avait l'envie, le désir d'approcher davantage ce qu'ils étaient. Et il l'a fait, avec Catherine Deneuve comme avec des anonymes des quartiers populaires du Caire (…)" écrit Christian Caujolle(1). Alternant auparavant entre couleur et noir et blanc, Denis Dailleux travaille à présent principalement en couleur. Après avoir réalisé des travaux sur des quartiers de la banlieue parisienne, il se consacre aujourd'hui à l'Égypte, et plus particulièrement à la ville du Caire, dans le cadre de son travail d'auteur.

Les images présentées pour les "Prix Photo du Jeu de paume" 2006 sont des photographies couleur (portraits, scènes extérieures ou espaces intérieurs) prises au Caire et en Égypte, entre 2001 et 2005. L'artiste réalise les portraits des gens qu'il rencontre et avec lesquels il entend poursuivre des échanges en écoutant le récit de leur vie, puis engage ce qu'il appelle un "partage photographique". Chacun de ces portraits est le fruit d'une histoire particulière que le photographe a nouée avec les personnes représentées et dont certaines font, à présent, partie de son univers proche.

Dans un dépouillement volontaire de l'image, ces portraits sont souvent frontaux, réalisés au 6x6, avec un temps d'approche et de pose suffisant pour que l'auteur se concentre sur le regard : "là où le don peut se faire", selon ses mots. Parfois, les figures semblent habiter totalement l'image, d'autres fois, elles sont présentées dans des espaces choisis qui peuvent être leurs lieux d'habitation, de travail ou de passage.

Denis Dailleux réalise de plus en plus de vues d'ensemble : des images de familles, des photographies de rue. Lumières, couleurs, cadrages traduisent des ambiances et des détails qui témoignent de la vie réelle égyptienne.

Tout en affichant un certain classicisme formel, l'auteur nous propose un portrait inédit de cette ville du Caire, sans désir d'établir des thèses socio-politiques ou ethnographiques. Denis Dailleux souhaite rendre compte de l'existence des "petites gens", d'un monde précaire et démuni, souvent exclu, voire interdit, des représentations officielles et de l'imagerie touristique.


(1) Caujolle Christian, in édition Photopoche consacré à l'agence VU, 2006


Notice établie par Hélène Chouteau,
rapporteur du Jury