Biographies des artistes présents dans l’exposition
"Paris capitale photographique 1920-1940"
Collection Christian Bouqueret





> Berenice Abbott (Springfield, États-Unis, 1918-Monson, États-Unis, 1992)
Après des études aux Beaux-Arts de New York, Berenice Abbott se rend en 1921 à Berlin puis à Paris, où elle est pendant deux ans l’assistante de Man Ray. En 1925, elle rencontre Atget et lui achète une partie de ses tirages et de ses négatifs. De retour à New York, elle réalise de 1935 à 1939 une grande campagne documentaire sur la ville et son architecture et publie Changing New York en 1937.

> Laure Albin-Guillot (Paris, France, 1879-Nogent-sur-Marne, France, 1962)
Pianiste et peintre, elle est aussi archiviste du service photographique des Beaux-Arts, mais c’est à la photographie qu’elle consacre une grande part de son activité : portraitiste, proche du pictorialisme à ses débuts, elle produit, grâce à ses recherches personnelles, des œuvres au cadrage étonnant dont certaines illustrent les œuvres poétiques d’un Paul Valéry (Narcisse) ou d’un Pierre Louÿs (Douze Chansons de Bilitis).

> Eugène Atget (Libourne, France, 1857-Paris, France, 1927)
Dans une démarche proche de celle de Marville, Atget photographie, essentiellement à Paris et dans ses environs, rues et places désertes au petit matin, cours, marchés, boutiques, parcs et jardins mais aussi métiers en voie de disparition. Autant d’images qui, au-delà de leur caractère documentaire séduisent les surréalistes par leur valeur poétique et artistique. Man Ray, en particulier, fait paraître quelques unes de ses photographies dans La Révolution surréaliste, tandis que Berenice Abbott diffuse son œuvre aux États-Unis. Quant à Walter Benjamin, il le considère comme un photographe de tout premier plan inaugurant l’ère de la modernité.

> Hans Bellmer (Katowice, Silésie, 1902-Paris, France, 1975)
Après avoir été apprenti typographe et ouvert une agence de design, Hans Bellmer fabrique, en 1933, une poupée en bois articulée et lui fait subir une infinité de métamorphoses. Ses nombreux dessins trahissent ses obsessions : multiplication des seins et des orifices, confusion des fonctions des organes corporels. Isolé à Berlin, Bellmer prend contact avec les surréalistes, qui publient ses photographies dans Minotaure. Il s’installe en France où il photographie ses mises en scène de la poupée, illustrant des ouvrages comme Histoire de l’œil de Bataille, Le Con d’Irène d’Aragon, Justine de Sade, ou encore, en 1949, son livre majeur, Les Jeux de la poupée.

> Erwin Blumenfeld (Berlin, Allemagne, 1897-Rome, Italie, 1969)
En 1915, Erwin Blumenfeld rencontre Georg Grosz et devient un membre actif de Dada à Berlin. Il peint, écrit, réalise des collages, expérimente la photographie. En 1935, il s’installe à Paris ; très proche des surréalistes, il publie dans la revue Minotaure et Verve. Devenu photographe professionnel pour Vogue et Harper’s Bazaar, il émigre à New York en 1941 et impose une vision très personnelle de la mode.

> Jacques-André Boiffard (Épernon, France, 1902 Paris, France, 1961)
Médecin de formation, lié au milieu surréaliste, Jacques-André Boiffard s’initie à la photographie en 1924 avec Man Ray. Il illustre Nadja d’André Breton en 1928, puis ouvre, avec Eli Lotar, un studio photographique qui n’aura que deux ans d’existence.

> Pierre Boucher (Paris, France, 1908-Faremoutiers, France, 2000)
Après une formation de typographe, graphiste et photographe, au cours de laquelle Pierre Boucher rencontre Maximilien Vox, Herbert Matter, Maurice Tabard, Roger Parry, Maria Esner…, il entre dans le studio de René Zuber avec lequel il crée en 1934 l’Alliance Photo, l’une des premières agences françaises. Solarisation, surimpression, distorsion, photogramme, photomontage : il touche à toute expérimentation, mais réalise également des reportages ou des photos de nus tout en continuant ses recherches graphiques et en publiant, dès 1938, plusieurs ouvrages sur la manipulation de la photographie.

> Brassaï (né Gyula Halasz. Braso, Hongrie, 1899-Beaulieu-sur-mer, France, 1984)
En 1924, après des études artistiques à Budapest et à Berlin, Brassaï arrive à Paris avec l’ambition de devenir peintre. Il rencontre André Kertész et, fasciné par le Paris nocturne, il fait un grand nombre de clichés regroupés dans Paris de nuit, ouvrage publié avec un texte de Paul Morand en 1932. Photographe des graffiti, mais aussi du quotidien qu’il sait rendre insolite, il se lie avec Picasso et Giacometti et évolue en marge du surréalisme (Le Phénomène de l’extase est utilisé par Dalí dans un montage reproduit en illustration d’un article sur l’extase dans Minotaure, en décembre 1933).

> Marianne Breslauer (Berlin, Allemagne, 1909-Zurich, Suisse, 2001)
Après une formation de photographe à la Lette Haus de Berlin, dirigée par Hanna Riess, Marianne Breslauer se rend en 1929 à Paris. Ses photographies prises en contre-plongée dans les rues parisiennes, riches en détails insolites, comme les portraits qu’elle réalise alors, relèvent d’un style instantané plus que formel. Au début des années 1930, elle publie régulièrement ses reportages aux éditions Ullstein et dans la presse allemande, et collabore avec l’agence Mauritius.

> Claude Cahun (née Lucy Schwob. Nantes, France, 1894-Jersey, Grande-Bretagne, 1954)
Nièce de l’écrivain symboliste Marcel Schwob, traductrice d’Oscar Wilde, Claude Cahun prend le pseudonyme de Claude Cahun pour entreprendre, en marge du surréalisme, une activité littéraire et artistique. Son travail photographique, tout entier tourné vers l’ambivalence sexuelle et identitaire, décline les diverses possibilités de l’autoportrait. En privilégiant le visage – fardé, masqué, crâne rasé, profil accentué, regard défiant l’objectif… – et le travestissement pour s’affranchir du clivage féminin / masculin, elle impose une mythologie personnelle originale d’une très grande modernité.

> Yvonne Chevalier (Paris, France, 1899-Paris, France, 1982)
Yvonne Chevalier se consacre entièrement à la photographie à partir de 1929, réalisant des portraits (Max Jacob, Colette…), des reportages et des nus, se passionnant pour la photographie d’instruments de musique et d’architecture et devenant en 1930 la photographe attitrée de Georges Rouault. Son style s’inspire de la Nouvelle Vision et, cofondateur du Groupe des XV, elle publie régulièrement dans Arts et Métiers graphiques.

> Maurice Cloche (Commercy, France, 1907-Bordeaux, France, 1990)
Après une formation aux Beaux-Arts et aux Arts déco, Maurice Cloche commence une carrière de comédien, mais entre en 1928 dans le studio Debergny & Peignot, où, d’abord responsable du graphisme, il remplacera Tabard. Après la guerre, il s’illustre dans des films mettant en scène de grandes figures de la charité chrétienne ; il s’essaie également aux films de série B et réalise des documentaires sur l’art. En 1940, il fonde à Castellaras le Centre des jeunes du cinéma, qui deviendra par la suite l’Institut des hautes études cinématographiques (Idhec).

> Rémy Duval (Rouen, France, 1907-Paris, France, 1984)
Dans l’atelier de Laure Albin-Guillot en 1930, Rémy Duval se dégage rapidement des tendances pictorialistes pour le style de la Nouvelle Vision qu’il adopte dans ses portraits, photos de nus et photos publicitaires, remarquées par Charles Peignot. Critique photographique à Arts et Métiers graphiques et à Photo-Ciné-Graphie, photographe de plateau pour gagner sa vie, il est aussi, après la Seconde Guerre mondiale, photographe de mode.

> Gisèle Freund (Berlin, Allemagne, 1908-Paris, France, 2000)
En 1933, après des études de sociologie et d’histoire de l’art, Gisèle Freund quitte l’Allemagne nazie pour s’installer à Paris. Là, elle fait de la photographie pour gagner sa vie, elle s’inscrit à La Sorbonne – où elle soutiendra une thèse sur La Photographie en France au XIXe siècle – et rencontre Adrienne Monnier qui lui présente de nombreux écrivains. Pionnière dans l’utilisation du procédé, elle réalise en couleur les portraits de nombreux écrivains, immortalisant, entre autres, Joyce, Malraux, Virginia Wolf, Cocteau, Gide, Montherlant, Colette…

> Florence Henri (New York, États-Unis, 1893-Compiègne, France, 1982)
D’abord pianiste et peintre, Florence Henri est étudiante, en 1927, au Bauhaus de Dessau où elle découvre, grâce à Moholy-Nagy, la modernité de la photographie. Elle ouvre à Paris un studio et installe ses modèles dans de mystérieux clairs-obscurs, crée des perspectives inattendues et des découpages très rigoureux. Tout en travaillant pour la publicité, elle poursuit ses expériences avec ses compositions au miroir, véritables natures mortes revisitées par le cubisme et le constructivisme.

> George Hoyningen-Huene (Saint-Pétersbourg, Russie, 1900-Los Angeles, États-Unis, 1968)
Aristocrate russe venu à Paris dans les années 1920, George Hoyningen-Huene entre à Vogue en 1925 comme illustrateur. Il commence à prendre des photographies et devient très vite chef du bureau parisien. En 1935, il part aux États-Unis où il prend, pour dix ans, la direction d’Harper’s Bazaar.

> André Kertész (Budapest, Hongrie, 1894-New York, États-Unis, 1985)
Installé à Paris en 1925, André Kertész fréquente les artistes de Montparnasse et photographie leurs ateliers, ainsi que des scènes de rue, des cafés, des jardins… et réalise des portraits (Eisenstein, Colette, Mondrian, Léger, Chagall, Brancusi…). Il collabore à des magazines en développant le genre du reportage documentaire (les Halles, la Bretagne, la Tour Eiffel, la forêt…), mais aussi à des revues d’art (Bifur, Minotaure). Sa rencontre avec Moholy Nagy est déterminante pour ses recherches sur la forme et la lumière, lesquelles l’incitent à entreprendre, à partir de 1933, sa série des Distorsions qui jouent des aberrations optiques obtenues à travers un miroir déformant.

> François Kollar (Szenc, Hongrie, 1904-Créteil, France, 1979)
François Kollar devient photographe professionnel à la fin des années 1920. Représentatif de l’éclectisme de son époque, il pratique aussi bien l’enquête documentaire que la photographie publicitaire, d’illustration, de presse ou de mode. De 1931 à 1934, il réalise pour les éditions Horizons de France une enquête documentaire sur le monde du travail qui fera l’objet de la fameuse publication : La France travaille, où il se révèle un photographe humaniste marqué par le modernisme épuré du Bauhaus.

> Annelise Kretschmer (Dortmund, Allemagne, 1903- Dortmund, Allemagne, 1987)
Après des études artistiques à Munich et une formation de photographe à Dresde, Annelise Kretschmer fait pratiquement toute sa carrière à Dortmund ; elle y ouvre son premier studio en 1929 et participe, la même année, à l’exposition "Fim und Fotografie" à Stuttgart. Dans les années 1930, elle fait de fréquents séjours à Paris – où elle rencontre Florence Henri et Ilse Bing –, ville dont elle rapporte de nombreuses images.

> Germaine Krull (Wilda-Poznan, Allemagne, 1897-Wetzlar, Allemagne, 1985)
Après des études de photographie à Munich, très engagée dans les mouvements révolutionnaires, Germaine Krull s’installe à Amsterdam et réalise son premier travail photographique sur les architectures modernistes métalliques. En 1927, elle est à Paris et devient le principal représentant en France de la Nouvelle Vision allemande avec ses photographies de la tour Eiffel, de Pigalle, ou ses séries de nus. Elle se lance dans des reportages sur les minorités et est une des premières à concevoir des livres de voyage accompagnés de textes d’écrivains.

> Ergy Landau (Budapest, Hongrie, 1896-Paris, France, 1967)
Après avoir travaillé à Vienne et à Berlin, Ergy Landau ouvre en 1919 son propre studio de portraits à Budapest et se lie avec Moholy-Nagy. Sous la pression du régime de Horthy, elle quitte la Hongrie pour Paris en 1923. Elle change alors de style en passant des techniques pictorialistes à la Nouvelle Vision. Elle photographie des machines ou des objets et excelle dans la photographie de nu. Elle participe à "Film und Foto", à Stuttgart en 1929 et publie régulièrement dans Arts et Métiers graphiques.

> Lucien Lorelle (Paris, France, 1894-Megève, France, 1968)
En 1927, Lucien Lorelle ouvre avec Marcel Amson un studio d’où sortiront plus de 10 000 portraits d’écrivains ou d’artistes. En 1935, il crée son propre studio dont la principale activité est la photographie publicitaire et, avec Cassandre, il réalise les premières affiches mélangeant dessins et photographies. En 1946, il est l’un des fondateurs du Groupe des XV et, à partir de 1958, il se consacre essentiellement à l’écriture d’ouvrages sur la photographie et à l’enseignement de la technique photographique.

> Eli Lotar (né Eliazar Lotar Teodoresco. Paris, France, 1905 Paris, 1969)
Élevé en Roumanie, Eli Lotar s’installe en France en 1924, avec l’intention de faire du cinéma bien qu’il ait suivi des études de droit à Bucarest. Il y rencontre Germaine Krull, qui l’initie à la photographie, et Joris Ivens avec lequel il travaille sur le film Zuiderzee. En 1929, il participe à l’exposition "Film und Foto", à Stuttgart. Parallèlement à son activité de photographe, il travaille pour le cinéma avec, entre autres, Luis Buñuel, Jean Renoir et Jacques Prévert.

> Dora Maar (Tours, France, 1907-Paris, France, 1997)
À ses débuts, Dora Maar hésite entre peinture et photographie. Sur les conseils d’Emmanuel Sougez, elle ouvre un studio avec Pierre Keffer, à Neuilly en 1931, et réalise des photographies de mode, des publicités et des portraits. En 1935, elle se joint aux surréalistes, participe à plusieurs expositions du groupe et cosigne quelques manifestes. Devenue la compagne de Picasso, elle est aussi pour un temps sa photographe attitrée et son modèle préféré. Progressivement et sous son influence, elle abandonne la photographie pour se consacrer à la peinture.

> Man Ray (né Emmanuel Rudnitzky. Philadelphie, États-Unis 1890-Paris, France, 1976)
Ami de Duchamp, Breton, Satie et Cocteau, lié à Dada et au surréalisme, Man Ray est à l’origine de nouveaux procédés, comme l’aérographie en 1917 (peinture imitant les effets de la photographie) ou la rayographie auquel il donne son nom en 1922. Inventeur et novateur, adepte de la solarisation et de la superposition des négatifs, Man Ray maîtrise matériaux et techniques variées pour créer des images énigmatiques, aux limites de l’abstraction. Réalisateur du film Retour à la raison (1923), il se dit avant tout photographe "à l’écoute de la lumière", jouant des effets d’optique et de relief, pour une œuvre éminemment plastique.

> Daniel Masclet (Blois, France, 1892-Paris, France, 1969)
D’abord violoncelliste, dans les années 1920 Daniel Masclet fréquente le Photo-Club de Paris, où il rencontre le baron de Meyer, alors photographe pour Harper’s Bazaar, dont il devient l’assistant. En 1925, il passe chez Vogue, sous la direction de Lucien Vogel. Rencontre décisive avec l’œuvre d’Edward Weston. Dégagé des contingences matérielles, il mène ses recherches, devient adepte de la "photographie pure" et un maître du portrait photographique. Des années 1930 à sa mort, il sera un critique et un théoricien important de la scène photographique en France.

> Jean Moral (Marchiennes, France, 1906-Lausanne, Suisse, 1999)
Dès ses débuts, en 1925, Jean Moral expérimente les techniques d’avant-garde (solarisation, photogramme, contre-plongée…). Ses photographies colportent l’idéal de vie des années 1920 et 1930 : celui de la femme libérée, de la vitalité et des vacances au grand air. À partir de 1934, il devient pour 20 ans le photographe de mode français attitré de Harper’s Bazaar. En 1937, il commence à travailler également comme photographe de presse pour Match et Paris-Soir, et réalise l’année suivante une suite de reportages photographiques sur la guerre d’Espagne.

> Jean Painlevé (Paris, France, 1902-Neuilly-sur-Seine, France, 1986)
Fils du ministre et mathématicien Paul Painlevé, Jean Painlevé fréquente dans les années 1920 le cercle surréaliste et notamment Boiffard et Eli Lotar. Après des études de médecine et de biologie, en 1927, il se tourne vers la réalisation de films scientifiques qui, pour la plupart, traitent du monde marin et dans lesquels il enregistre des phénomènes jusqu’alors invisibles à l’œil nu grâce au microcinéma et aux variations du mouvement. Il a également été programmateur de films au Palais de Chaillot et au Palais de la Découverte.

> André Papillon (Bordeaux, France, 1910-Paris, France, 1986)
À 20 ans, son beau-frère François Kollar l’initie à la photographie. André Papillon se lance alors dans la photo publicitaire et devient le portraitiste des éditions Denoël. Photographe engagé, il est membre de l’AEAR (Association des écrivains et artistes révolutionnaires) et participe en 1935 à sa première exposition, "Documents de la vie sociale". Il couvre les grèves du Front populaire et Match l’envoie en Espagne sur le front de la Catalogne. Ses photos sont publiées dans tous les grands magazines de l’époque : Vu, Regards, Voilà

> Roger Parry (Paris, France, 1905-Cognac, France, 1977)
Roger Parry commence à utiliser la photographie en 1928 dans le cadre de travaux publicitaires pour la Nouvelle Revue française. Il publie dans les annuaires photographiques d’Arts et Métiers graphiques et participe dans l’entre-deux-guerres à des expositions aux côtés de Man Ray, André Kertész, René Zuber ou Lee Miller (certaines de ses œuvres sont montrées en 1932 à New York chez Julien Levy). Ses activités sont multiples : reporter, illustrateur pour Détective, Voilà ou encore Paris Match, il est aussi photographe de plateau puis, pendant la guerre, correspondant pour l’agence France Presse.

> Albert Rudomine (Kiev, Russie, 1892-Paris, France, 1975)
Après un long séjour à New York et des études de théologie hébraïque, Albert Rudomine s’installe à Paris et entre, en 1920, à L'Illustration comme journaliste-reporter. Il ouvre son studio en 1923, où sa clientèle se compose, comme celle de Laure Albin-Guillot, d’artistes, d’hommes politiques et de personnages de la haute société internationale. Il se spécialise dans le portrait expressif et l'étude de nu avant de travailler pour les musées nationaux français (1940-1945) et de devenir le photographe attitré du musée Rodin.

> Roger Schall (Nancy, France, 1904-Paris, France, 1995)
Roger Schall fait son apprentissage chez son père. En 1930, il ouvre son propre studio et collabore à Vu, à L’Art vivant et, à partir de 1938, à Paris-Match. Il effectue au cours des années 1930 plusieurs reportages photographiques en Allemagne (les préparatifs des jeux Olympiques de Berlin, la vie quotidienne d’une famille national-socialiste), et réalise des photographies de mode pour Vogue (1933) puis pour Marie-Claire (1940-1944). Mode et publicité sont ses domaines de prédilection à partir de 1945.

> Emmanuel Sougez (Bordeaux, France, 1889-Paris, France, 1972)
Délaissant la peinture au profit de la photographie, Emmanuel Sougez ouvre un studio en 1919 ; il pratique le portrait et travaille pour la publicité. Sa rencontre avec René Baschet lui ouvre les portes du journal L’Illustration dont il fonde le service photographique en 1926. Sougez est à la fois un praticien, célèbre pour ses reproductions d’œuvres d’art et des grands monuments parisiens, un technicien qui fait évoluer la pratique de la photographie couleur en participant à la mise au point du procédé Finlay, et un historien de la photographie.

> André Steiner (Mihald, Hongrie, 1901-Paris, France, 1978)
Arrivé à Paris en 1927, André Steiner concentre son travail personnel sur la recherche expérimentale (surimpression, solarisation, photomontage, photogramme, etc.). Il réalise parallèlement de nombreux nus qui feront l’objet de plusieurs ouvrages et exploite la photographie comme mode d’investigation de différents domaines : la photo de presse, la publicité et différents domaines scientifiques.

> Maurice Tabard (Lyon, France, 1897-Nice, France, 1984)
Artiste indépendant, Maurice Tabard partage sa vie entre la France et les États Unis où, en 1914, il s’inscrit au New York Institute of Photography. Portraitiste, il travaille également à des compositions surréalistes. À son retour à Paris en 1928, il rencontre Philippe Soupault et Lucien Vogel (directeur de Jardin des modes et de Vu) ; l’année suivante, il participe à l’exposition "Film und Foto", à Stuttgart. Photographe de mode et de publicité, il collabore à de nombreux magazines (dont, à partir de 1946, à la demande d’Alexey Brodovitch, Harper’s Bazaar) tout en poursuivant des recherches personnelles sur la solarisation, la surimpression, le photomontage…

> Raoul Ubac (Malmédy, Belgique, 1910-Dieudonné, France, 1985)
La pratique photographique de Raoul Ubac, peintre, sculpteur et dessinateur, s’étend sur une décennie, celle des années 1930, qui correspond à sa participation au groupe surréaliste. Ubac a recours à la plupart des techniques de transformation de l’image chère aux photographes proches des surréalistes (solarisation, photogramme, collage, photomontage) et va même jusqu’à en mettre au point certaines telles le brûlage et l’inversion. Collaborateur de la revue Minotaure, illustrateur de divers ouvrages, il délaisse progressivement la photographie pendant la guerre.

> André Vigneau (Bordeaux, France, 1892-Paris, France, 1968)
Après une formation artistique, André Vigneau monte, en 1929, le studio photographique de l’imprimerie Lecram-Press (dans lequel Robert Doisneau fera ses débuts) où il développe un secteur publicitaire. En 1932, tout en continuant son travail de photographe en indépendant, il fonde la société Caméra-Films pour pouvoir réaliser films et dessins animés. Il finira ensuite sa carrière à la télévision française où il occupera divers postes jusqu’en 1963.

> Wols (Berlin, Allemagne, 1913-Paris, France, 1951)
Wols arrive à Paris en 1932 et entre en contact avec les surréalistes. Mais c’est en solitaire qu’il conduit une démarche existentielle et personnelle de l’art. Connu essentiellement pour ses aquarelles oniriques et ses dessins qui évoquent certaines œuvres de Paul Klee, ainsi que pour ses peintures informelles qui en font le père du tachisme – et qui ont une influence déterminante sur l’abstraction lyrique de l’après-guerre –, il pratique également la photographie, pendant seulement quelques années, entre 1931 et 1940. Là encore, il fait preuve d’originalité avec des portraits aux cadrages particuliers et surtout avec des natures mortes traduisant l’étrangeté des choses les plus quelconques.

> René Zuber (Bouissières, Doubs, France, 1902-Meudon, France, 1979)
René Zuber renonce à devenir ingénieur dans la fabrique de papier familiale, pour les métiers du livre, sa grande passion. En 1927, il se rend à Leipzig où il a comme professeur László Moholy-Nagy. À son retour, en 1929, il entre dans le service photographique de L’Illustration dirigé par Sougez et il est sélectionné pour participer à l’exposition "Film und Foto" à Stuttgart. De 1930 à 1932, il travaille pour l’agence de publicité parisienne Damour, puis crée son studio avec Pierre Boucher. Leurs photos sont publiées dans les revues Arts et Métiers graphiques, Art et médecine, Votre Beauté, Vu