Inventer le possible. Une vidéothèque éphémère
Dossier documentaire
du 14 octobre 2014
au 08 février 2015
Concorde, Paris

Dossier documentaire, mode d'emploi
Conçu par le service éducatif, en collaboration avec l’ensemble du Jeu de Paume, ce dossier propose aux enseignants et aux équipes éducatives des éléments de documentation, d’analyse et de réflexion.

Il se compose de trois parties :
— Découvrir l’exposition offre une première approche du projet et du parcours de l’exposition, des artistes et des œuvres, ainsi que des repères chronologiques et iconographiques.
— Approfondir l’exposition développe plusieurs axes thématiques autour du statut des images et de l’histoire des arts visuels, ainsi que des orientations bibliographiques et des ressources en ligne.
— Pistes de travail comporte des propositions et des ressources pédagogiques élaborées avec les professeurs-relais des académies de Créteil et de Paris au Jeu de Paume.

Téléchargez le dossier documentaire (PDF) en bas de page.


Le projet
Présentée en 2010 sous le titre “Faux Amis”, la première édition de la “Vidéothèque éphémère” au Jeu de Paume était dédiée à la représentation de l’histoire dans la vidéo contemporaine, au regard des notions de mémoire, d’identité et de perte. Mêlant le documentaire et la fiction, les œuvres sélectionnées interrogeaient notre conception de la réalité historique à travers des formes de narration qui, loin de prétendre au “véridique”, s’autorisaient à être “falsifiantes”. C’est également sur les concepts de narration falsifiante et de puissance du faux, développés par Gilles Deleuze dans Cinéma 2. L’Image-temps (1985), que s’est construite la seconde édition de la “Vidéothèque éphémère”. Celle-ci se propose de sonder l’espace de potentialités situé entre histoire et narration – entre history et story – pour envisager l’invention d’un avenir possible qui dépasserait les frontières de l’utopie. Sans cela, la brutalité du retour à la réalité est sans appel, ainsi que le souligne l’écrivain chilien Roberto Bolaño dans son Manifeste infraréaliste en 1976 : “Nous rêvions d’utopie et nous nous sommes réveillés en hurlant.” Aussi les vingt-six pièces présentées dans la vidéothèque explorent-elles, avec plus ou moins d’humour ou de sens tragique, notre perplexité face à l’échec des utopies qui se sont succédé jusqu’à la fin du XXe siècle.

Documentaires ou fictions, films d’animation, vidéos expérimentales ou performatives, ces œuvres produites au nouveau millénaire n’ont pas pour autant interrompu le dialogue – souvent intense – avec la réalité, les mouvements et les événements du siècle précédent. Cette “Vidéothèque éphémère” se veut donc avant tout une archive provisoire de vidéos réalisées ces dix dernières années à travers des contextes et des territoires très variés : du désert du Koweït à la forêt amazonienne, en passant par le nord du Canada, le Bangladesh, le Sénégal, l’Indonésie… Mettant en scène des récits souvent empreints d’énigme, ces oeuvres donnent à voir l’époque actuelle avec ses doutes et ses incertitudes. La temporalité de ces vidéos s’avère également pleine de potentialités : les thématiques abordées par les artistes le sont souvent non seulement au conditionnel passé (“cela aurait été”), mais aussi, et surtout, au futur antérieur (“cela aura été”), pour lequel naît un désir. Combinés ainsi, ces deux temps grammaticaux rompent la linéarité de la relation entre passé, présent et futur, au sein de laquelle la fiction ménage un espace d’indétermination.

Vu dans cette perspective de temporalités potentielles, le passé peut perdre de sa “vérité historique” que l’on croyait pourtant établie. Il est donc désormais permis d’imaginer des futurs possibles dans le spectre de l’impossible, d’inventer un futur au-delà de l’utopie. Ce projet n’interroge pas seulement la manière dont le pouvoir métaphorique de l’image contribue à l’appréhension du monde, elle invite également à se demander si l’on peut encore trouver des modèles de rechange ou penser des alternatives. Les travaux sélectionnés se rejoignent dans leur ambition à mobiliser de nouvelles énergies, à construire des possibilités imaginatives en attente d’une éventuelle réalisation. Soulignons notamment qu’imaginer, dans son sens originel latin (imaginari), signifie “concevoir des images pour pouvoir inventer”. Sans formuler de réponses univoques, ces vidéos articulent des questions autour de problématiques qui se croisent à de nombreuses reprises : l’empreinte de l’éducation, la réflexion sur la notion de “communauté”, la réévaluation du passé ou encore la sensibilité écologique. »

Hilde Van Gelder et Marta Ponsa Salvador, commissaires du projet, « Présentation », in Inventer le possible. Une vidéothèque éphémère, application numérique pour tablettes, Paris, Jeu de Paume, 2014


Contacts
Chargée des publics scolaires et des partenariats
Pauline Boucharlat : 01 47 03 04 95 /
paulineboucharlat@jeudepaume.org

Réservation des visites et des activités
Marie-Louise Ouahioune : 01 47 03 12 41 /
serviceeducatif@jeudepaume.org

Responsable du service éducatif
Sabine Thiriot
sabinethiriot@jeudepaume.org

Conférenciers et formateurs
Benjamin Bardinet : 01 47 03 12 42 /
benjaminbardinet@jeudepaume.org
Ève Lepaon : 01 47 03 12 42 /
evelepaon@jeudepaume.org

Professeurs-relais
Céline Lourd, académie de Paris
celinelourd@jeudepaume.org


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